‹ La république américaine États-Unis; institutions de l'union, institutions d'état, régime municipal, système judiciaire, condition sociale des Indiens; avec une carte de la formation politique et territoriale des États-UnisChapitre 201 sur 226 · LES TERRITOIRES SUD-OUEST ET NORD-OUEST. — PRÉCIEUSE · texte numérisé non relu

LES TERRITOIRES SUD-OUEST ET NORD-OUEST. — PRÉCIEUSE

RESSOURCE. — RENONCIATION PAR QUELQUES ÉTATS A LEURS PRÉ- TENTIONS SUR LE TERRITOIRE NORD-OUEST. — LOTISSEMENT DE CES TERRES ORDONNÉ.

Les périls de cette situation faisaient mieux ressortir encore Tinsuffisance des pouvoirs du Congrès et réclamaient une sérieuse refonte du pacte fédéral. De toutes parts rédifice menaçait ruine. Indépendamment de la détresse publique, de sourds éléments d*anarchie fermentaient. Hier le corps des officiers prenait une attitude dangereuse, aujourd'hui des troupes s'insurgent contre le Congrès. Nulle part on n'entrevoyait de chances de salut, tant était rare le dévouement éclairé à la chose publique ! tant la situation paraissait inextricable au milieu de Fégoïsme créé par les malheurs de la guerre et par les antagonismes régionaux! Cependant quelques hommes éminents, dont le Congrès s'était recruté, ne pouvaient observer ce spectacle de désorganisation sans éprouver un sentiment pénible pour leur patriotisme. Us résolurent de faire face au danger et de réunir leurs efforts pour triompher^ Parmi eux se distinguait au premier rang Alexandre Hamilton, homme d'État d'un ordre supérieur, plein d'initiative et de grande portée; puis Madison, esprit très perspicace, juriste distingué, ayant, comme Hamilton, fait une étude approfondie des constitutions des peuples anciens et modernes et recherché les causes de leur décadence. Ces deux hommes puisèrent dans la condition même de celte société maladive les moyens de la sauver

de la ruine. La tentative était téméraire; car la paix faisait moins sentir le besoin des concessions à Tunion. Chaqae État songeait surtout à fermer ses propres plaies, et si quelques-uns d'entre eux envisageaient l'utilité de taies douanières, c'était avec Tidée de faire de leurs voisins des tributaires ; mais cette prétention elle-même était illusoire :des rivalités de tarif auraient pour résultat d'appauvrir ceux qui prétendaient s'y enrichir.

Voici comment s'explique à ce sujet un historien américain :

a Quelques États manquant de ports de facile accès recevaient leurs importations de l'étranger, par l'intermédiaire d'autres États dont ils étaient tributaires à raison des taxes qui frappaient les marchandises importées. C'est ainsi que Philadelphie, New- York et Rhode-Island se chargeaient des importations du New-Jersey et du Connecticut. La Virginie, au moyen de son port de Norfolk, et la Caroline du Sud, par Charleston, remplissaient le même office pour la Caroline du Nord. D'un autre côté, différents États avaient des ports rivaux sur la même rivière ou à l'embouchure des fleuves, tels : le Delaware et la Pennsylvanie sur la Delaware, tels aussi le Maryland et la Virginie sur la Chesapeake. Il y avait ainsi une grande compétition pour le succès de laquelle les États, à l'envi, abaissaient les taxes. Cette source de revenu, dont on avait tantbesoin, était ainsi de beaucoup réduite pour chacun des concurrents, sans que le commerce d'aucun d'eux s'en trouvât augmenté. Si le trafic d'un État avec l'étranger était découragé ou détruit par des mesures restrictives, personne n'était armé du pouvoir nécessaire pour les neutraliser dans un intérêt général. En supposant des représailles exercées partiellement par quelques États, la conséquence ne pouvait être que de faire dériver le commerce de ceux-ci vers d'autres qui se seraient montrés plus faciles. Ainsi les confédérés n'avaient le bénéfice ni du libre échange, ni du système protecteur, et les moyens leur échappaient de faire face au payement

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