LES TERRITOIRES SUD-OUEST ET NORD-OUEST
État parut céder aux pressaates instances du Congrès; maïs il mit à son consentement des conditions qui le rendaient inacceptable. La Confédération penchait vers sa ruine; les meilleurs citoyens se montraient découragés, et de ce nombre Robert Morris, Livingston et Lincoln, qui en- Yoyèrent au Congrès leur démission de secrétaires des finances, des affaires étrangères et de la guerre.
Un autre changement eut lieu alors dans la marche des travaux du Congrès : on supprima le comité chargé de l'intérieur pendant Tintervalle des sessions. De cette manière cette assemblée devint permanente; mais l'expédition des affaires n*en fut pas moins interminable à raison des absences fréquentes et prolongées des membres qui la composaient^ et par Textrême difficulté de réunir la majorité nécessaire pour valider les délibérations.
Le Congrès ne perdait point de vue, cependant, une ressource précieuse pour la Confédération, c'est-à-dire l'immense étendue de pays à l'ouest des États-Unis, dont la propriété était réclamée par portion et à divers titres par le Massachusetts, le Connecticut, New- York, la Virginie, les deux Carolines et la Géorgie. Les prétentions de ces trois derniers États ne portaient que sur la région sudouest, tandis que celles des autres avaient trait aux terres situées au nord-ouest, les plus importantes.
On a vu que New-York, dès 1780, avait autorisé ses délégués au Congrès à faire cession à la Confédération de ses prétentions sur le territoire Nord-Ouest. Les autres Étals n'étaient pas encore suffisamment convaincus de la nécessité d'un pareil abandon, ou bien ils y mettaient des conditions inadmissibles. Le Congrès fit alors un nouvel appel à leur patriotisme, en les pressant de suivre l'exemple de New- York. Il donna aux divers intéressés la promesse ou garantie solennelle qu'il ne serait disposé des terres publiques que dans un intérêt général, commun à tous, et que lorsque ces terres seraient peuplées, on en formerait des États républicains appelés à devenir membres de l'Union, avec les mêmes droits de souveraineté, la même liberté et
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la même indépendance que les États actuellement eiisr tants. La Virginie ne répondit à l'appel du Congrès qu'au moment de Tinvasion de son territoire par Arnold dans l'espoir de fortifier le gouvernement fédéral dont elle espérait du secours contre Tenyahisseur (31 décembre 1780); mais elle exigeait pour le territoire qui lui restait des garanties de possession inacceptables. Le Congrès n'en tint aucun compte et laissa mûrir les idées de cet État dans un sens plus conforme aux intérêts généraux. Quant aux autres prétendants, leur silence équivalait à une résistance dont on ne triompha que plus tard sous l'empire de circonstances impérieuses. La force des événements, rinerlie du Congrès, tout concourait à faire ajourner les résolutions à prendre relativement aux territoires Sud-Ouest et Nord- Ouest, malgré raccit)issement de la dette et les difficultés» pour ne pas dire les impossibilités d'y faire face. Ce sujet ne fut repris que lorsque la Virginie eut renoncé à la garantie qu'elle réclamait (mars 1784). Le Congrès chargea alors un comité pris dans son sein de préparer un plan de goovernement applicable à ces immenses possessions, après l'extinction du titre indien. Ce comité, par l'organe de Jefferson qui en était le président, présenta efifectivement un projet qui divisait les deux territoires Sud-Ouest et Nord- Ouest en dix-sept États, traçait les règles de gouyernement les mêmes pour tous, et prescrivait aussi les conditions qui devaient les rattacher aux États originaires, dans la forme républicaine. Les conclusions du comité, sauf ce qui va être dit, furent acceptées par le Congrès, et deyinrent l'objet d'une ordonnance qui porte la date du 23 avril 1784. Cet acte ayant été plus tard remplacé par la célèbre ordonnance de 1787, nous n'en donnerons point ici l'analyse. Nous nous bornerons à rapporter un fait qui marque dans les annales du peuple américain. Une proposition complémentaire de l'ordonnance de 1784 prohibait Tintroduclion de l'esclavage à partir de l'année 1800 dans toute rétendue des territoires Sud-Ouest et Nord-Ouest- Mais le moment n'était pas encore venu de réaliser ce progrès, en
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