LES TERRITOIRES SUD-OUEST ET NORD-OUEST
sorte que la clause qui devait le consacrer ne put réunir en sa faveur que six voix, nombre insuffisant pour valider la résolution. Toutefois Tidée était émise, elle germa et porta ses fruits trois ans plus tard (1).
L'ordonnance de 1784 ouvrait la voie pour tirer parti des territoires cédés et de tous ceux qui appartiendraient plus tard aux États-Unis. Déjà le Massachusetts, dès le 19 avril 1785, avait, comme New- York et la Virginie, fait cession à la Confédération de ses prétentions sur le territoire Nord-Ouest. Il ne manquait plus que Fabandon à faire parle Connecticut pour compléter le titre de la Confédération sur ce territoire spécial. Rien n'avait encore été statué sur la propriété du territoire Sud-Ouest. Mais la disposition de celte région importait moins immédiatement que celle de l'autre, attendu que l'esclavage y régnait en maître et aurait eu peu d'attraits pour l'immigration.. Le Congrès ne s'occupa donc qu'à faciliter la prise de possession par les étrangers, dans le territoire Nord-Ouest, des parcelles de terre qu'ils voudraient y acquérir, de manière à ne laisser aucun doute sur la localisation de leur établissement. En conséquence, dès le 20 mai 1783, une ordonnance pres-
(i].En traitant de Tabolition de Tesclavage et en faisant une incursion sur les Élats-Unis, M. Gochin est tombé dans quelques erreurs faciles à rectifler. l\ dit que quand les fondateurs de la république américaine rédigèrent la Constitution de 1787, Jefferson voulut ajouter un article qui condamnait Tesclavage et que une voix de majorité repoussa cette déclaration. Rectiûons : 1« ce n'est point en 1787, mais en 1784, c'est-à-dire bien avant la Constitution, que le comité, dont Jefferson était l'organe, fit une proposition sur ce sujet; 2* il ne proscrivait pas l'esclavage; il se bornait à en défendre l'introduction dans des possessions non encore peuplées. Cette proposition fut repoussée. Trois ans après, elle ,fut admise; mais alors Jefferson ne faisait plus partie du Congrès ; 3" jamais, à aucune époque, cette assemblée ne mit aux voix l'abolition de l'esclavage en principe; 4° il ne faut pas confondre la Convention qui fit la Constitution avec le Congrès qui rendit les ordonnances de 1784 et 1787; 5» Jefferson ne prit aucune part à la Convention dont il n'était pas membre. Il ne faisait alors partie d'aucune assemblée politique. Son rôle se bornait à représenter son pays en France. Ces explications sont la réfutation des faits avancés sur ce point par M. Cochin, dans son livre intitulé : De Vabolition de VesclavagCf 1861, vol. II, p. 12, ouvrage couronné.
criyit le lotissement des terres en towDships formant des carrés réguliers, composés de trente-six sections numérotées dans un ordre méthodique, et sujettes à des divisions et subdivisions parcellaires, qui descendirent jusqu^à des seizièmes de section. L'une d'elles, portant un numéro spécial dans le carré, fut affectée au soutien des écoles publiques : disposition tutélaire pleine de sollicitude pour le peuple, et qui révèle chez les hommes politiques de ce temps la parfaite entente des conditions normales de Texistence d'un gouvernement libre. Cet acte ordonna en outre la mise en vente publique des terres ainsi cadastrées, à l'exclusion de la partie réservée aux écoles, par section entière au moins, au prix minimum de 1 dollar par acre (1). Nous reviendrons sur ce sujet lorsque nous traiterons du domaine public et de son orientation.
(4) HiLDRETH, voL III, p. 459.
'1 ^L*^ T'T? "»"• ' ^ Jf^/^.V ji -^ '^'r/fj/ AT^