‹ La république américaine États-Unis; institutions de l'union, institutions d'état, régime municipal, système judiciaire, condition sociale des Indiens; avec une carte de la formation politique et territoriale des États-UnisChapitre 27 sur 226 · TRAITÉ DE 1651 AVEC CROMWKLL · texte numérisé non relu

TRAITÉ DE 1651 AVEC CROMWKLL

moyen d'échange concurremment avec Targenl; mais la rareté du numéraire obligea à donner cours forcé au tabac, même pour les engagements remboursables en argent.

Chaque comté envoyait à rassemblée autant de délégués que bon lui semblait. Vers 1645, le nombre en fut limité à quatre par comté, et plus tard à deux seulement. Précédemment aussi Félection des bourgeois ou représentants se faisait au scrutin secret. On y substitua le vote vivavoce, qui s'est maintenu jusque après la guerre de Sécession (1).

Les troubles civils d'Angleterre, qui menaçaient d'amener un épouvantable cataclysme, avaient beaucoup contribué à la consolidation de la colonie. Le grave conflit; engagé entre la Couronne et le Parlement, détournait Tattenlion du mouvement des libertés américaines; aussi rien de plus remarquable que les progrès réalisé, en un si court espace de temps, par les Virginiens, au point de vue politique, civil et commercial, malgré la lourde tutelle de la Compagnie de Londres, qui paralysa si longtemps l'initiative individuelle.

SECTION VI

Traité fait avec Gromwell pour ]a reconnaissance du gouvernement républicain d'Angleterre. — Nouvelle refonte législative. — Cinq années de possession forment litre de propriété.

La terrible catastrophe de Charles P' en 1648 chassa vers la Virginie un nombre assez notable d'Anglais d'un rang élevé, notamment des cavaliers, qui cherchaient un abri contre la violence des réactions. Cette province justifiait leur choix par son grand attachement à la royauté, attachement qui s'était manifesté ouvertement en 1644, lorsque, pressés par des commissaires envoyés en Amérique par le Long Parlement, de reconnaître l'autorité de ce gouvernement, les membres du conseil provincial en

(i) Voir sur cette législation : Hildreth, vol. I, p. 337 et 339.

majorité préférèrent renouveler leur serment au roi exilé. L'appoint que leur apportaient les cavaliers ne pouvait que fortifier le sentiment monarchique ; aussi la Virginie fut-elle la dernière des colonies à reconnaître le gouvernement républicain de la métropole. Son adhésion ne fut même pas une soumission à discrétion, mais le résultat d'un traité fait avec le Protecteur. Cet acte, qui porté la date de 1652, renferme quelques clauses dignes de remarque.

On stipule d'abord au profit du peuple de Virginie toute les libertés dont jouissaient les hommes libres nés en Angleterre ; ce peuple avait le droit, comme par le passé, de confier à une assemblée le gouvernement de ses propres affaires et le pouvoir de faire ses lois, pourvu quelles ne fussent pas en désaccord avec celles d'Angleterre. On ajouta qu'aucun Virginien ne serait recherché ni inquiété pour ses sentiments de loyauté envers la dynastie déchue, et que le commerce avec toutes les nations du monde serait entièrement libre, sans avoir égard au premier acte restrictif de la navigation émané du parlement d*Angleterre en 1651. Aucune taxe, aucun droit de douane ne pourrait être réclamé qu*en vertu d'une loi rendue par l'assemblée représentative de Virginie. Aucun fort ne serait érigé, aucune garnison établie que par un ordre de la même autorité (1). Une année était laissée aux habitants qui refuseraient le serment à la République pour vendre leurs biens et abandonner la province. La suppression du livre de prières de la secte épiscopale fut une conséquence de la prédominance en Angleterre de l'élément presbytérien (2).

Ces conditions exceptionnelles, accordées sans doute dans le but de gagner à la République les habitants de la Virginie par la persuasion, furent en effet acceptées par eux avec empressement, malgré leurs sentiments monarchiques, parce qu'ils y voyaient le principe de leur

(4) HiLDRETH, vol. I, p. 356.

(2) Bancroft, vol, L p. 91.

'•^"^fVV

Page 1