‹ La république américaine États-Unis; institutions de l'union, institutions d'état, régime municipal, système judiciaire, condition sociale des Indiens; avec une carte de la formation politique et territoriale des États-UnisChapitre 37 sur 226 · COMMENCEMENTS DE NEW-PLYMOUTH · texte numérisé non relu

COMMENCEMENTS DE NEW-PLYMOUTH

<;haque année, les plus éminents d'entre eux Tiennent célébrer, le 22 septembre, sur les lieux mêmes, les louanges de ces grands ancêtres, qu'ils appellent leurs forefathers.

SECTION II

Ropture da contrat d'association. — Organisation nouvelle. — Tout Fi^eeman doit être membre de TËglise puritaine. — Pauvreté de la colonie. — En 1629 trois cents habitants seulement. — Législation.

Malgré les termes du pacte fondamental signé à bord du May FloweTy les Puritains n'oublièrent pas que, venus en Amérique pour y planter leur Église loin de toute dissidence, ils ne pouvaient laisser pénétrer dans le gouvernement de la colonie des germes de destruction qui rendraient tous leurs efforts stériles. Us imaginèrent donc un moyen à l'aide duquel il leur serait facile de conjurer le danger. Il fut décidé de bonne heure que nul ne jouirait des droits de citoyen {freeman) qu'autant 'qu'il aurait été préalablement accepté comme membre de l'Église par la congrégation assemblée (1). Il semblait qu'on voulût imprimer profondément le caractère religieux à cette colonie, ef, par le fait, l'Église arrivait à dominer l'État, puisqu'il dépendait d'elle d'admettre ou de repousser les candidats qui se présentaient. Nous nous expliquerons sur ce point lorsque nous traiterons des institutions premières du Massachusetts et nrous ferons ressortir les graves conséquences de cette mesure qui détruisit Tégalité entre les habitants et produisit une classe de privilégiés, égaux entre eux,* mais exerçant une suprématie sans contrepoids sur la masse. C'est ce qu'on a qualifié abusivement dedémocraiie. Les colons ne furent libérés de leur contrat d'association qu'en 1627, au moyen d'un engagement fait en leur nom

(1) Voir Hacher, Hwtory ofPlymouth, Elliott, Hisicry, vol. I, p. 113, et Palfret, vol. IL p. 8; ce dernier dit que ces prescriptions ne reposaient pas sur une loi, mais sur la force des choses. Hildreth,.. au. contraire, vol. I, p. 189190, précise Tordre de la Cour générale, assatnblée législative (18 mai 1631), qui ût dépendre le droit de votée. da. Taffirmation de croyance de la doctrine puritaine.

r^p«^.rïPV»

de payer aux prêteurs-associés, une somme de 1600 Inws sterliûg pour laquelle sept d^entreces colons s'engagèrent personnellement, à raison du monopole du trafic avec les Indiens qui leur fut garanti pendant les six années suivantes (i). Dès lors, la possession du sol appartint aux colons seuls, libre de toute ingérence étrangère.

Cependant Témigration d'Europe se dirigeait lentement vers New-Plymouth, à ce point qu'en 1629, époque à laquelle débuta la colonie du Massachusetts, elle ne comptait encore que trois cents habitants (2). Les brillants débuts de cette deuxième colonie de l'est devaient créer une difficulté de plus à l'essor de sa devancière. Cependant celle-ci s'occupait de s'agrandir. C'est ainsi qu'elle sollicita du CouncU for New-England une augmentation de territoire, ce qui lui fut accordé par une patente dont les termes reproduisent, littéralement pour ainsi dire, le texte de celle du 20 avril 1622, qui avait été délivrée au profit de Bradford, son gouverneur et son trustée. La charte royale, réclamée de nouveau et toujours refusée, manquait toujours. Les gens de New-Plymouth n'en continuèrent pas moins à se cousidérer comme aptes à se gouverner eux-mêmes. 11 ne reste que quelques rares débris de la législation des premières années de cette province. Cependant l'on y remarque l'institution du jury importée d'Angleterre pour le jugement des causes criminelles. L'unanimité était nécessaire pour la condamnation (3).

La constitutionnalité de ce gouvernement fut mise en question, surtout quant au pouvoir de punir les crimes; car l'administration de la justice ne pouvant régulièrement s'exercer qu'en vertu d'une délégation d'autorité émanée du roi, Ion n'y devait plus compter. S'attribuer dans cesci^ constances le pouvoir de juridiction criminelle était pour les Pèlerins non moins une affaire de conscience qu'une

(i)HlLDREJH, vol. I, p. 173.

(2) Le môme, vol. I, p. 174. Palfrby, vol. I, p. 166.

(3) Voir Brigham, Compact with tke Chartes and laws of the colony of New Plymouth, p. 28 et 30.

Page 1