LES TOWNS AU MASSACBUSETTS
lions (towns). Cette étendue de lerre ne dépassait gaëre 200 acres. La condition essentielle du peuplement des towns était que les habitants se pourvoiraient d*un ministre instruit et respectable qui leur enseignerait la parole de vie (t). Ces populations, soutenues et vivifiées par l'esprit religieux, puiseraient dans cette concentration même un stimulant, une énergie qui leur permettraient de produire de bons résultats.
Le mot town est signalé pour la première fois dans un acte de la Cour générale de septembre 1630. 11 y est question d'une répartition à faire entre les habitants des towns de taxes ordonnées par la Cour. Les towns prennent graduellement plus d'importance, eton les voit, les années suivantes, élire plusieurs freemen parmi eux, avec mission de traiter pour tous, les affaires locales, dans des meetings spéciaux, sans avoir à réclamer l'approbation de leurs mandants (2). Cette représentation présuppose une organisation quelconque, puisque les affaires sont assez nombreuses pour empêcher tous les freemen d'y concourir de leurs personnes. La trace de ce mécanisme de l'existence communale primitive ne se trouve nulle part. La simplicité de la vie, les rudes épreuves d'un début dans le désert, Taustérité des mœurs firent sans doute assez longtemps des towns plutôt encore des centres d'activité locale rudimentaire que la personnification de pouvoirs publics. Quoi qu'il en soit, les avantages administratifs, dont les towns jouissaient distinctement, étaient tacitement tolérés par la Cour générale, seule représentant de la charte. Mais cette cour pouvait les restreindre à son gré, suivant qu'elle le jugeait utile au bien public. En effet l'État-Église était fort intéressé à conserver Tabsolue direction de ces groupes. Abandonnés à euxmêmes, des schismes s'y seraient aisément glissés et l'esprit
(1) Voir Undbrwood dans le Putnam's magasine 1855, et Elliott, History, vol. I, p. 183.
(2) Palfrby, Yol. f, p. 381. Ces textes n'empêchent pas Tocqubvills de dire que dans les communes (towns) la représentation n'est point admise. De la démocratie, vol. I, p. 63.
d'indépendance, au point de vue gouvernemental, aurait pu compromettre la charte, qui avait été octroyée non à des towns, mais à la Compagnie devenue colonie.
La dépendance des towns s'est manifestée de plus d'une manière. Dès le début, nul n'est citoyen (freeman) à moins xi'être accepté comme tel par la Cour générale. En 1633 cette cour ordonne que ceux-là seuls seront admis freeraen delà colonie, qui auront été préalablement acceptés membres de Tune des églises établies. Cette condition restrictive rejette du cadre des citoyens actifs les deux tiers des habitants, non seulement pour le gouvernement supérieur, mais encore pour celui des towns (1). Cet acte est caractéristique entre tous; car il est l'œuvre de la Cour générale composée alors des assistants seulement. Les towns sont obligés de s'y soumettre. La liberté des habitants pourrait occasionner une dispersion fâcheuse pour la sécurité de tous; il est alors prescrit qu'aucune habitation ne serait construite à une distance de plus d'un mille de la maison commune. Cette mesure était toute de police, mais elle pesait sur la disposition du territoire de la town d'une manière indéfinie. Parfois la Cour générale statue sur certaines matières qui sont du domaine municipal plutôt qu'elles ne rentrent dans celui du gouvernement, on le verra bientôt. La condition incertaine des towns devait appeler tout à la fois les réclamations des habitants et les méditations des hommes d'État. Quelques-uns de ceux-ci, magistrats et elders, se réunirent pour traiter ce sujet et d'autres encore qui leur paraissaient d'une nature délicate. De leur délibération il résulta entre autres choses : « qu'il convenait d'abandonner aux towns le règlement des affaires de peu d'importance (trivial things) (2), » de manière à affranchir le gouvernement de détails qui encombraient sa marche. L'on comprenait qu'il fallait définir les pouvoirs des towns et leur donner une sanction sans laquelle on n'aurait fait qu'indiquer Timperfection de
(1) Huj)REra, vol. I,p. 225 et Palfrbt, yoI. I, p. 344, 345.
(2) WiNTHROP, History of New-England, vol. I, p. 213.
^T^^SPfS^-r^.r^ . ' y' '-^ v^'