LE NEW-HAMPSHIRE
parler, que du schisme créé par M"* Hutchinson dans le Massachusetts, ea 1638. En effet, Wheelwright, l'un de ses plus fervents adhérents, ayant été banni comme elle, se résolut à acheter des Indiens quelques terres situées entre le Piscataqua et le Merrimac et il y fonda une town qui reçut le nom d'Exeler. Déjà deux autres centres s'étaient créés dans les mêmes parais sous le nom dje Porismouth et de Dover. Hampton eut une origine plus récente. €es quatre towns s'avançaient lentement, daas Tisolement les unes des autres, sans unité de vues, même avec un certain désaccord, sans concession de territoire du chef de Mason, et surtout* sans charte de gouvernement. Cet état précaire, très vulnérable, leur inspira l'idée de se rattacher au Massachusetts, qui prétendait d'aUleurs avoir droit à les posséder en vertu de sa charte. Ces towns lui firent des ouvertures pour une annexion, sans tenir compte du droit de propriété de Mason. Celte proposition fut favorablement accueillie; mais tine grave objection se présentait : ce petit pays s'était recruté d'émigrantsappartenantàplusieurs sectes, notamment de schismatiques, sortis du Massachusetts, qui avaient joui jusque-là d'une grande liberté politique et religieuse. Rien ne pouvait les faire renoncer à ces précieux avantages ; d'un autre côté, pouvait-on espérer que le Massachusetts, qui était soumis à un régime contraire, accepterait les conditions mises à l'annexion? Quoi qu'il en dût coûter aux chefs dirigeants de cette importante colonie, la soif d'agrandissement triompha de l'absolutisme puritain, et, en 1641, Ton cimenta l'accord entre les deux voisins sur la base de la tolérance en matière religieuse. Par cet acte, le New- Hampshire fut annexé au Massachusetts aux conditions suivantes : les towns qui le composaient furent appelées à jouir des mêmes avantages que ceux de la colonie sœur, sous le rapport administratif et judiciaire. Leurs taxes furent limitées à leurs seuls besoins, et elles eurent droit à deux députés dans la Cour générale du Massachusetts. La liberté de conscience fut garantie aux habitants de ces towns, et la qualité de freeman se trouva pour eux
seuls dégagée de celle de membre de FÉglise (1642) (1). Lorsqu'on se reporte aux persécutions et aux bannissements prodigués aux dissidents au Massachusetts, à la même époque, cette province puritaine perd beaucoup de sa considération aux yeux de ceux qui lui voient faire le sacrifice partiel de son fanatisme dans la seule vue d*une acquisition de territoire. L'on eut alors ce singulier spectacle d'une colonie dans laquelle les habitants restaient privés des privilèges qu'on accordait à de nouveaux venus, leurs égaux à tout autre titre. Que deviennent alors les •principes et les convictions, et à quoi bon ce rigorisme doctrinal qui aboutit à de pareilles conséquences ? Ce pacte dura près de quarante ans, pendant lesquels le Nevf- Hampshire fut effacé, politiquement parlant. On verra plus loin les causes qui le détachèrent du Massachusetts et amenèrent sa constitution en province royale, puis en État (2).
{{) Voir Belknap History of New-Hampshire, p. 30. (2) Palfrbt, vol. UI, p. 307.