‹ La république américaine États-Unis; institutions de l'union, institutions d'état, régime municipal, système judiciaire, condition sociale des Indiens; avec une carte de la formation politique et territoriale des États-UnisChapitre 61 sur 226 · FONDATION DB NEW-HAYEN · texte numérisé non relu

FONDATION DB NEW-HAYEN

postérité, xonfopmément à la loi de Dieu ». Eq conséquence, il fut arrêté « que les membres de TÉglise seuls seraient francs-bourgeois (free burgesses ou freemen), et que Ton élirait parmi eux exclusivement les magistrats et fonctionnaires, ayec pouvoir de traiter des affaires publiques, de faire et rapporter les lois de cette plantation, de partager les successions, de statuer sur les différends qui s élèveraient, et de mener à bonne fin toute affaire de même nature. » La qualité de membre de TÉglise, qui n'était point exigée dans le Connecticut, pour toute fonction autre que celle de gouverneur, devenait obligatoire ici pour tous sans distinction, tant la règle puritaine avait de puissance auprès de ces hommes convaincus !

Quant à la mise en œuvre de ce gouvernement. Ton ordonna qu'il serait fait choix de douze personnes qui, par leurs aptitudes, seraient jugées les plus propres à assurer cette fondation. Les douze élus auraient pouvoir de désigner parmi eux les sept piliers (nombre mystique tiré de rÉcriture). A ceux-ci appartiendrait le pouvoir d'admettre de nouveaux membres de l'Église suivant qu'ils le jugeraient utile.

Ce pacte ne faisait aucune mention de l'Angleterre. 11 reçut les adhésions de soixante-trois personnes et bientôt après de cinquante autres. On le mit aussitôt à exécution. On élut douze individus qui eux-mêmes firent choix des sept piliers, etceux-ci,àleur tour, organisèrent le corps des membres de l'Église. Eaton fut élu magistrat, c'est-à-dire gouverneur, pour une année. Quatre autres reçurent aussi par élection le titre de deputies, c'est-à-dire adjoints au magistrat. Un seul serment fut exigé de tous, celui de fidélité au gouverneur civil de la plantation. Dans ces conditions, Quinapiac ne pouvait être considéré comme une simple town, mais comme un. État indépendant, susceptible d'agrandissement, d'après le mouvement de l'émigration (1). 11 fut bientôt ordonné qu'il y aurait, chaque année, un

(I) Voir surcelte conslitation New-Eaven coLrecordSy p. 19 etsuiv., HiLDRKTH, vol. 1, p. 262 el Palfrey, vol. I, p. 533.

meeting de la Cour générale, composé de tout le corps des freemen. Diverses mesures furent arrêtées dansuQ intérêt général, telles que Térection d'une maison commune, le partage des terres, les moyens de défense contre les Indiens, \et un tarif régulateur du prix des denrées et du travail des ouvriers. Sur ce dernier point, l'on suivait les erreaients du Massachusetts, pour prévenir les perturbations que pourrait occasionner la rareté ou l'encombrement des gens de travail et des moyens d'approvisionnement. Dans cette première période, en effet, les rapports intercoloniaux et internationaux n'avaient point encore acquis cette régularité qui est la sauvegarde de la paix publique. Par imitation du Massachusetts et d'après les mêmes considérations, les planteurs de Quinapiac se réservèrent le droit de choisir eux-mêmes les habitants de ce jeune pays. 11 fut, en conséquence, ordonné que nul ne pourrait s'y établir sans le consenteuient de qui de droit, même lorsqu'on excipêrait d'un achat de terre ou de tout autre titre ( 1 ). Dès lorsque l'Égliseavait un rôle prépondérant, il était inadmissible que des dissidents pussent venir porter le trouble dans les croyances et ébranler TÉtat.

Dans le voisinage de New-Haven se formèrent'successivement d'autres plantations, appelées Milford, Guilford, Southold et Stampford qui devaient se réunir un jour, à New-Haven, mais qui, provisoirement, préférèrent conserver chacune leur autonomie, malgré leur conformité de sentiments religieux et d'idées gouvermentales. Peutêtre, dit un historien, furent-ils portés à étendre au gouvernement civil la théorie séparatiste qui rendait les églises indépendantes les unes des autres (2), théorie faussée dans le Massachusetts, comme on l'a vu plus haut, et bientôt répudiée par New-Haven lui-même.

^ Les quatre plantations nouvelles avaient désintéressé les Indiens pour la terre dont elles avaient pris possession ; mais à d'autres égards, leur condition était précaire comme

(1) Voir New-Haven's Colonial recordSy p. 25.

(2) Palfrey, vol. I, p. 535.

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