‹ La république américaine États-Unis; institutions de l'union, institutions d'état, régime municipal, système judiciaire, condition sociale des Indiens; avec une carte de la formation politique et territoriale des États-UnisChapitre 66 sur 226 · CONFÉDÉRATION DE LA NOUVELLE-ANGLETERRE · texte numérisé non relu

CONFÉDÉRATION DE LA NOUVELLE-ANGLETERRE

tous les intérêts, vu la grande supériorité à beaucoup , d'égards du Massachusetts, comparativement à ses voisins. Cependant, après de longs débats, Ion tomba d'accord d'une confédération sur les bases qui vont être sommairement rapportées.

Le pacte signé à cet effet porte la date du 7 mars 1644. Il établit entre les quatre colonies puritaines, sous la dénomination de colonies unies de la Nouvelle-Angleterre, une ligue aniicale, perpétuelle, offensive et défensive, pour conserver et propager, y est-il dit, les libertés de l'Évangile, de même que pour garantir la sécurité et le bien-être de tous. D'après cet acte, chaque colonie conservait son indépendance pour son administration intérieure. Aucun membre nouveau n'aurait entrée dans la confédération, que de l'agrément des autres. Le même consentement serait nécessaire pour la consolidation de deux de ces colonies en une seule, attendu le trouble que ces faits pourraient créer dans l'équilibre des influences.

Les levées d'hommes, d'argent et de subsides de guerre porteraient sur les provinces confédérées, proportionnellement à la population mâle de chacune d'elles, énumérée dans des recensements qu'on ferait de sa population depuis l'âge de seize ans jusqu'à soixante. Le partage des dépouilles aurait lieu sur la même base. Une disposition particulière réglait la mise sur pied de la milice, en cas de guerre.

Une commission fut formée pour diriger les affaires de la Confédération ; les membres en devaient être fournis sur le pied de deux par chaque colonie ; tous devaient être membres de l'Église. Cette Commission se réunirait une fois par an, et même plus souvent si cela était nécessaire pour délibérer sur les affaires de la Confédération. Le siège delà délibération serait alternativement Boston, Hartford, New-Haven et Plymouth, avec cette modification cependant, que sur cinq sessions deux se tiendraient à Boston. Aucune résolution ne serait valable qu'autant qu'elle réunirait six voix de majorité. Dans le cas contraire, il y aurait

lieu à un référendum aux législatures de chaque colonie, dont Tunanimité serait alors nécessaire pour valider les mesures à prendre. Les commissaires, ou six d'entre eux, éliraient parmi eux pour chaque réunion, un président qui n'aurait d'autre pouvoir que celui de diriger Tordre des délibérations et de faire exécuter en temps utile les mesures arrêtées en Conseil.

La mission de ce Conseil consistait à faire des règlements et ordonnances sur les affaires d'une nature civile pouvant intéresser les colonies unies, à maintenir entre elles la bonne harmonie ; à prévenir autant que possible les causes de guerre, à assurer la justice aux citoyens d'une colonie dans les autres , à user de fermeté et d'équité envers les Indiens, ï assurer l'extradition des serviteurs en fuite et des criminels cherchant à échapper à la justice.

Les confédérés s'engageaient réciproquement, les uns envers les autres, à s'abstenir de toute guerre, à moins qu'elle ne fût inévitable, et ils s'interdisaient toute répétition les uns contre les autres à raison des charges militaires qui leur incomberaient, à moins d'y être autorisés par la Commission. S'il y avait urgence constatée, quatre commissaires seulement, faute d'uu plus grand nombre, étaient autorisés à ordonner des mesures provisoires.

En cas d'infraction au pacte fédéral par l'une des colonies unies, les commissaires des autres étaient investis du pouvoir de préciser le degré de l'offense et d'ordonner les réparations à faire par le délinquant (1).

Cette Confédération, qui créait une force apparente aux colonies puritaines, ne répondait qu'imparfaitement au but qu'elles se proposaient. Les commissaires, tout en cherchant à rester fidèles à leur mandat, en exagérèrent plusieurs fois la portée. Il leur arriva de conseiller des mesures d'une rigueur extrême, notamment à l'égard des quakers. Parfois, ils rencontrèrent des contradictions, des refus d'exécution. Aussi peut-on dire que pendant presque toute

(i) VoirHAZARD, Collections, vol. II, p. de i à 6. Winthrop, vol. II, p. 121 et suiv.

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