‹ La république américaine États-Unis; institutions de l'union, institutions d'état, régime municipal, système judiciaire, condition sociale des Indiens; avec une carte de la formation politique et territoriale des États-UnisChapitre 67 sur 226 · CONFÉDÉRATION DE LA NOUVELLE-ANGLETERRE. 1T · texte numérisé non relu

CONFÉDÉRATION DE LA NOUVELLE-ANGLETERRE. 1T

son existence, la Confédération fut agitée par un leTain de jalousie qui en atténua beaucoup la valeur. Elle n'était en réalité pourvue d'aucun moyen coercilif pour obtenir Tobéissance de ceux qui Favaient constituée, surtout du Massachusetts qui, pesant d'un grand poids dans la balance, se montra toujours résistant aux mesures pouTant l'atteindre, même indirectement (1). Celte organisation servit de type à la grande Confédération de 1778 qui fut le précurseur du gouvernement actuel de l'Union et «ut à lutter contre les mêmes imperfections.

L'on remarquera que le Rhode-Island et le Maine, alors gouverné par Georges, deux provinces qui avaient proclamé la liberté de conscience, furent repoussées de la Confédération lorsqu'elles sollicitèrent d'en faire partie. On les considérait à peu près comme des hérétiques. Elles ne pouvaient être admises à concourir à une œuvre dont le but, entre autres, était la conservation jalouse des doctrines puritaines (2) et la répulsion haineuse des autres communions. L'intolérance marquait chaque pas de cette secte; on la trouvait partout dans ses institutions.

L'on pourra se rendre compte du rôle et de l'importance relatifs de chacune des colonies dans celte confédération par la statistique de leurs populations dressée à l'aide des renseignements recueillis de divers côtés. À cette époque (1665), dit un historien (3), la Nouvelle-Angleterre pouvait compter de 40 à 45,000 habitants, dont 25,000 selon toute probabilité appartenaient au Massachusetts, 10,000 au Connecticut réuni à New-Haven, et 5,000 à JSew-Plymouth. Celte population se trouvait répartie entre 86 towns : 12 dans cette dernière province, 22 dans le Connec-

(<) Voir sur ce sujet Palfrey, vol. II, p. 153, 320, 465 et passim et

HiLDRETH, TOl. 1, p. 407, 461, CtC.

(2) WiNTHROP, vol. II, p. 121. Cet auteur dit que Tune des causes qui empêchèrent Fadmission du Maine dans la Confédération fut que Tun des pelits villages de ce pays avait été érigé en corporation et qu*OR y avait élu pour maire un tailleur et pour ministre un homme excommunié I

(3) Palfrey, vol. III, p. 35.

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licul et le reste soit 52 dans le Massachusetts. Plus lard, après rabsorption de New-Haven par le Connecticul, les trois colonies puritaines essayèrent de faire revivre cette confédération, surtout en vue des guerres à soutenir contre les Hollandais ou contre les Indiens. Les mesures prises ne furent qu'une pâle copie de la première confédération et sans grande portée.

Des cinq colonies qui, avant l'érection du New-Hampshire en province, composaient le groupe de la Nouvelle- Angleterre, une seule, le Rhode-Island, adopta des institutions qui n'avaient point pour base, comme les autres, le puritanisme. L'État n'y fut point inféodé à l'Église, et il semblait, d'après le pacte primitif, qu'un courant de liberté dût y circuler plus librement qu'ailleurs. Ces circonstances capitales imprimèrent à cette province une physionomie originale qui doit être étudiée séparément des autres. Cet historique montrera si l'expérience a répondu aux espérances que fit naître cette institution , et si les colonies puritaines eurent à regretter ou à se féliciter d'avoir suivi des voies diflerentes.

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