MARCHE PARALLÈLE DES COLONIES PURITAINES DE LA NOUVELLE-ANGLETERRE
SECTION PREMIERE
Synode de Cambridge en 1648, — Doclrine confirmée par la Cour générale. — Polilique violente au regard des dissidents. — Exécution sanglante des Quakers.
Nous avons amené l'analyse hislorique des colonies dé la Nouvelle-Angleterre jusqu'au point où chacune d'elles avait déjà reçu une première organisation polilique, et, à certains égards, une législation civile et criminelle qui permettait d'attendre les fruits naturels de ces institutions. Mais un coin seulement a été levé du voile qui couvrait cette civilisation encore peu avancée : nous voulons parler de l'ascendant de plus en plus marqué de l'Église dans l'État, de la superstition qu'elle y entretint et des obstacles qui en résultèrent pour la marche progressive du gouvernement démocratique. Nous signalerons en même temps le changement des moyens employés pour tenir la niasse de la population en dehors du jeu des institutions.
On a vu que le Massachusetts, très préoccupé du maintien de l'orthodoxie puritaine ébranlée par le schisme de Mrss Hutchinson, avait eu recours à un synode pour faire proscrire de nombreuses propositions que la plupart des ministres considéraient comme des atteintes sérieuses à la pureté de la doctrine. L'idée de synode, en elle-même, répugnait au séparatisme primitivement adopté pour les églises ; c'était, à certains égards, une copie des assemblées presbytériennes, et, pour ramener l'unité dans la foi, on violait les règles de la discipline ! Toutefois une