‹ La république américaine États-Unis; institutions de l'union, institutions d'état, régime municipal, système judiciaire, condition sociale des Indiens; avec une carte de la formation politique et territoriale des États-UnisChapitre 78 sur 226 · RÉACTION CONTRE LE DESPOTISME PURITAIN · texte numérisé non relu

RÉACTION CONTRE LE DESPOTISME PURITAIN

règles de discipline du Puritanisme sur un point considéré comme très délicat (1). »

D'après la règle puritaine, le baptôme ne devait être administré qu'aux enfants dont les parents étaient membres de rÉglise et admis à la communion. Avec le temps bon nombre de ceux qui avaient été baptisés dans leur enfance, devenus chefs de famille, avaient négligé Tobservance des pratiques nécessaires pour être admis au plein exercice des privilèges de membre de TÉglise. Ils n'en insistaient pas moins pour que leurs enfants jouissent du bénéfice spirituel du baptême et du droit civil de membres de TÈglise. Cette prétention devint l'objet de violentes controverses, notamment dans le Connecticut où elle menaça d'ébranler les Églises profondément. Ces questions intéressaient les quatre colonies puritaines ; mais New-Plymouth et New-Haven se montraient opposées à toute modification à apporter aux règles établies. Elles refusèrent leur concours à un synode qui leur fut proposé pour pacifier les esprits. Le Massachusetts et le Connecticut tombèrent d'accord de réunir cette assemblée, qui fut composée des Elders et des messagers ou délégués de ces colonies, à Teffet de discuter les controverses concernant le baptême et d'indiquer les solutions les plus propres à amener un accommodement qui rendrait la paix aux esprits. Déjà des solutions avaient été proposées quelques années auparavant par un conseil composé des ministres du Massachusetts. Le synode réuni à Boston en 1662 s'appropria leur travail, en prononçant l'admission au baptême des enfants de personnes d'un caractère honorable, baptisées elles-mêmes dans leur enfance, adoptant la confession de foi puritaine, quoique ne participant point à tous les avantages des membres de l'Église. Ce terme moyen fut, à cause de cela même, appelé half^way Covenant, Les Cours générales des deux colonies y donnèrent leur approbation et recommandèrent

(1) HiLDRBTH, vol. I, p. 456.

même aux églises de s*y conformer, mais elles n'allèrent pas au delà. Bon nombre de Puritains, aux idées étroites et absolues, repoussèrent ce moyen d'accommodement et s'y montrèrent si peu favorables, que les ministres mêmes de certaines églises n'osèrent point mettre à exécution la résolution du synode, encore qu'ils en eussent été les plus actifs promoteurs (1).

Cette situation indéterminée portait une grave atteinte aux principes de la secte, qui perdaient ainsi de leur prestige. L'on vit pendant longtemps encore des towns voisines rangées sous des bannières opposées, marchant dans des voies différentes : les unes, observant le half-ioay Covenanly et le baptême y étant libéralement administré dans les conditions prescrites parle synode, tandis^que chez d'autres la plupart des enfants étaient privés du baptême et les adultes de la communion. Le fanatisme allait jusqu'à aimer mieux des hypocrites que des profanes (2).

Étrange inconséquence qui ferait douter de la sincérité des croyances si elle ne s'expliquait par l'aberration d'un immense orgueil!

L'ascendant dominateur du puritanisme, en même temps qu'il pesait de tout son poids sur les consciences, continuait de s'exercer sur les affaires du gouvernement; ce fut un danger pour le Massachusetts dans ses rapports avec la royauté.

Pendant la première période de son existence jusqu'à la Restauration, la Nouvelle-Angleterre conserva assez d'indépendance pour créer et faire progresser elle-même ses institutions, à peu près sans entraves ou en dépit de celles qu'on lui avait suscitées; mais, lorsque Charles 11 eut ressaisi le sceptre de son père, les choses changèrent de face. Ce prince tint à faire acte de puissance souveraine sur ses possessions d'Amérique. Aux colonies de la Nouvelle-Angleterre, il réclama : 1** l'annulation de toutes

(1) Trumbull, Hisfory, vol. I, p. 327.

(2) Le même, voL I, p. 384. Voir aussi Palfrey, vqI. U, p. 485 et soi?, el HiLDRKTH, vol. I, p. 455-456.

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