‹ La république américaine États-Unis; institutions de l'union, institutions d'état, régime municipal, système judiciaire, condition sociale des Indiens; avec une carte de la formation politique et territoriale des États-UnisChapitre 79 sur 226 · RÉACTION CONTRE LE DESPOTISME PURITAIN · texte numérisé non relu

RÉACTION CONTRE LE DESPOTISME PURITAIN

les lois qui y avaient été faites conlrairement à son autorité ' et à la législation anglaise ; 2** la prestation du serment d'allégeance à la Couronne; 3*radniinistrationdelajusticeenson nom; 4** la tolérance de l'Église anglicane et l'admission au sacrement, de toute personne de bonne vie et mœurs, sansaucun^distinction de secte; o** le rappel des lois qui restreignaient le privilège de freeman aux seuls membres de rÉglise dans celles de ces colonies où cette mesure était en vigueur.

Le Massachusetts, très antipathique au nouvel ordre de choses, opposa longtemps une grande force d'inertie aux demandes réitérées du roi, tout au moins en ce qui touchait aux privilèges de secte, que cette province s'était arrogés et qui s'imposaient à la loi politique ; aussi les négociationsavec elle furent-elles très laborieuses et pleines d'acrimonie.

Quant au New-Plymouth et au Connecticut, celui-ci stipulant tant pour lui que pour Ncw-Haven, protégés qu'ils étaient par leur infériorité numérique et commerciale, dont rÀngleterre ne prenait aucun ombrage, avides d'ailleurs d'obtenir des concessions de diverse nature, notamment des chartes de gouvernement, au lieu d'une existence simplement tolérée, ils se hâtèrent, comme le Rhode- Island, de faire leur soumission à la Couronne. L'Angle» terre n'avait point encore adopté de politique systématique à l'égard de ses colonies. C'est ce quiexplique, en partie, la différence du traitement pratiqué envers chacune d'elles* En ce qui concerne le New-Plymouth qui, ap es quarante ans d'existence, était resté pauvre et sans patronage, rien ne fut fait ni pour ni contre lui. Sa condition resta pré*» Caire comme par le passé. Mais, après avoir débuté par le pacte égalitaire si vanté, cette province se résolut à restreindre les franchises du citoyen ; ainsi nul ne fut plus admis à postuler la qualité de freeman s'il n'était âgé de vingtet un ans, connu par ses bonnes mœurs, orthodoxe, et propriétaire d'un immeuble d'une valeur imposable de 20 livres sterling. 11 n'était fait droit à cette demande

qu'une année après qu elle a\ait été formée, à moins qu'il ne s'agît d'une personne notoirement connue sous les meilleurs rapports (1).

SECTION III

Charles II accorde une charle au Connecticut qui absorbe New-Haven. — Résistance de celle province réprimée par les commissaires royaux. — Remaniement de la législation.

Relativement au Connecticut et au Rhode-Island, inférieurs de beaucoup au Massachusetts sous divers rapporls,ils n'éveillaient aucune convoitise. D'alleurs ils avaient gardé eu Angleterre des appuis qui, quoique très puissants sous le gouvernement républicain, n'en conservaient pas moins d'influence sous le nouveau règne. L'un et l'autre furent dotés de chartes extrêmement libérales, dont les termes semblaient mettre en oubli les prérogatives de la Couronne et du Parlement, dans le moment même où, au regard du Massachusetts, elles étaient défendues avec une extrême opiniâtreté. Lestermesde la charte du Rhode-lsland ont été rapportés plus haut. Quant à celle du Connecticut (2), elle investissait les postulants, au nombre de dix-neuf, et tous les associés qu'ils voudraient se donner, de tout le territoire embrassant à la fois les towns et les autres possessions du Connecticut et de New-Haven, comme si l'union de ces deux provinces ne pouvait rencontrer de sérieux obstacles. Cette charte attribua le gouvernemenl à un gouverneur, à un lieutenant gouverneur, à doiue assistants, et à une chambre de députés à élire par les towns et cités, à raison de deux par chacune d'elles. Mais les fonctionnaires de tout rang étaient soumis à des élections individuelles par tous les freemen de la colonie. Toutes ces élections devaient être faites annuellement et la charte n'empêchait pas la réélection successive du gouverneur, contrairement à la législation antérieure. La Cour

({) Bbigham, Compact, etc., p. 257 et 258. Palfrey, vol. III, p. 62. (2) Du 10 mai 1662. Voir Hazard, Collection, vol. II, p. 597.

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