X PRÉFACE DE L'AUTEUR
me portèrent à traiter plus particulièrement ce sujet est Tabsence en France d'ouvrage de cette nature y ayant trait, Tocqueville excepté, alors que les rapports de FAmérique avec le monde entier vont chaque jour se multipliant davantage. Bien peu de personnes savent la distinction à établir entre les institutions des États-Unis proprement dites et celles des États. La marche parallèle et presque côte à côte de ces deux sortes d'institutions, les envahissements possibles des unes sur les autres, les moyens employés pour conjurer le conflit, la variété du régime municipal, le système judiciaire appliqué diversement à certains égards aux deux sortes de gouvernement, sont des matières qui n'ont point été traitées jusqu'à présent chez nous. Puis quatre races humaines vivant ensemble, non point mélangées mais juxtaposées, ont une condition politique et sociale très différente l'une de l'autre^ Bien des questions ont été soulevées à ce sujet, personne n*en a parlé. La race indienne surtout, dont les rapports ont été et sont toujours si multipliés avec ceux du gouvernement des États-Unis, est restée dans l'ombre, malgré les questions de droit public et autres nées de ces rapports. Cette race si digne d'intérêt a été longtemps négligée, sacrifiée et laissée dans l'oubli. J'ai cherché à la relever de cette indifférence en décrivant les péripéties de son existence depuis un siècle, et en montrant les résultats merveilleux obtenus par les enfants de ces tribus, au moyen d'un système d'éducation très ingénieux imaginé par deux hommes éminents, dont le nom sera conservé avec un grand honneur dans les archives américaines. Ces divers aspects des questions à traiter m'ont paru mériter un très grand intérêt; j'y ai consacré un long temps et j'espère avoir réussi à faire la lumière sur bien des points restés ignorés en France.
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PBÉFACE DE L'AUTEUK. Xï
Mon livre est prêt depuis deux ans; mais une maladie très grave et très longue m'a mis bien près du tombeau; ma convalescence s'est fait beaucoup attendre et ma vue en a conservé une forte atteinte. N'eut été la sincère amitié et le dévouement de M. Claudio Jannet, Tun des économistes très distingués de ce temps, il m'eût été impossible de corriger les épreuves et de surveiller la publication de mon livre (1). Cette particularité, je me plais à la faire connaître tout à la fois comme témoignage de reconnaissance envers M. Claudio Jannet, et à raison de la publication faite il y a deux ans, en Angleterre, d'un ouvrage dû à un Anglais de mérite, M. Bryce, qui a traité le même sujet que moi et a fait paraître son livre à l'époque où devait se faire la publication du mien. Il ne m'appartient pas d'apprécier son livre; je dois dire cependant que nous avons parcouru le même sujet au fond, sans nous rencontrer souvent. Je ne lui ai donc rien emprunté. Cet honorable écrivain paraît avoir eu particulièrement en vue de faire ressortir la parenté et les dissemblances existant entre les institutions des États-Unis et celles d'Angleterre. Je n'avais point à entrer dans ce courant. D'autre part, M. Bryce a volontairement négligé des parties des institutions américaines sur lesquelles j'ai insisté, parce que je les ai considérées comme vitales et faisant partie intégrante du corps de droit public américain. Tel est l'essai historique sur les treize colonies anglaises fondatrices de l'Union, partie pleine d'intérêt, comme prélude à la Constitution et d'où se tirent de précieux enseignements pour le temps présent. Le livre de M. Bryce est aussi muet sur le district de Colombie, curieuse expérience du suffrage
(4) Pour répondre au désir de Tauteur, M. Claudio Jannet a écrit le» livres XIl et XIII que la maladie Tavait empêché de rédiger.