‹ La république américaine États-Unis; institutions de l'union, institutions d'état, régime municipal, système judiciaire, condition sociale des Indiens; avec une carte de la formation politique et territoriale des États-UnisChapitre 95 sur 226 · CROMWBLL ET LE MARYLAND · texte numérisé non relu

CROMWBLL ET LE MARYLAND

SECTION IV

Mort de Charles !•'. — Les prolestants dominent. — Suffrage refusé aux catholiques. — Lutte armée. — Lord Baltimore renversé puis rétabli par Cromwell. ~ Oligarchie protestante. — Exécutions. — Gouverneur traître. — Rétablissement de la liberté religieuse.

Dans cette même année 1649, Charles 1" d'Angleterre avait cessé de vivre, lui et la monarchie dont il était le représentant, malgré quelques efforts faits pour la continuer dans la personne de Charles II. Cependant le Maryland, comme la Virginie, proclamait le jeune souverain, par un élan de loyauté, sans mesurer la portée de cet acte périlleux.

Le gouverneur Stone, de retour d'une excursion, reprit les rênes du pouvoir et se hâta de convoquer une nouvelle Assemblée (i6oO). 11 fut possible alors d'énumérer exactement les forces respectives des partis en présence dans cette colonie. La chambre des bourgeois (Burgesses) ou législature se trouva composée, par suite des élections récentes, de quatorze membres dont huit protestants et six catholiques seulement. Le président élu fut un puritain (1). Les catholiques étaient donc tombés en minorité par Tafflux d'immigrants protestants de diverses communions. Mais, forts de leur cohésion, ils pouvaient encore soutenir la lutte contre des adversaires qui, épiscopaux et puritains, ne se rattachaient les uns aux autres par aucun lien durable. Cette considération ne fut sans doute pas étrangère à la modération qui prévalut dans les délibérations de TAssemblée. Les sujets mis en discussion tendaient à établir une sorte d'équilibre entre les droits du lord Propriétaire et ceux non moins envahissants des colons qui les affirmèrent et les firent consacrer de nouveau, surtout en matière d'impôts. On régla l'application de la loi martiale et Ton ordonna la tenue des

(1) BozMAN., vpl. II, p. 385.

registres publics pour rinscription des actes de l'état civil. Le silence le plus absolu fut observé sur les sujets politiques. Cependant les démonstrations monarchiques faites en^Maryland comme en Virginie appelèrent Tattention du Parlement. Il chargea le Conseil d'État de nommer des commissaires spéciaux avec mission de soumettre à l'obéissance celles des possessions anglaises qui se montreraient rebelles. Or parmi les commissaires nommés se faisait remarquer Clayborne, ennemi juré de lord Baltimore. Les commissaires mirent en demeure Stone et son Conseil de ne publier aucune loi, aucune ordonnance, si ce n'est au nom des gardiens de la liberté d'Angleterre [keepers of the liber ty of England). Ces ordres arbitraires furent repoussés comme attentatoires aux droits de lord Baltimore, droits qui n'avaient jamais été mis en question par la monarchie elle-même (1652) (1). Stone, se voyant remplacé par un autre gouverneur, offrit sa soumission et fut réintégré ; mais lorsqu'il reçut de lord Baltimore des ordres formels de résistance aux demandes des commissaires, il refusa ce qu'il avait d'abord accepté, sauf la reconnaissance de Cromwell comme lord Protecteur. Dès loirs, gouverneur et membres du Conseil furent révoqués et remplacés par des agents soumis et serviles. Le nouveau gouverneur, autorisé par les commissaires, foula aux pieds les lois fondamentales, et, détruisant toutes les garanties qu'elles contenaient, proclama qu'aucun individu ne serait admis à voter dans les élections et qu'aucun membre élu député n'aurait le droit de siéger dans l'Assemblée générale, qu'autant qu'il n'aurait point porté les armes contre le Parlement ou qu'il ne professerait point la religion catholique (2).

Les élections faites sur une base restreinte, la nouvelle Assemblée modifia l'acte de tolérance, qui était l'honneur de la colonie et de son fondateur, et substitua à la démocratie une oligarchie protestante, on pourrait dire puri-

(1) HiLDRETH, vol. I, p. 358. — (2) BozMAN, vol. II, p. 505.

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