‹ La république américaine États-Unis; institutions de l'union, institutions d'état, régime municipal, système judiciaire, condition sociale des Indiens; avec une carte de la formation politique et territoriale des États-UnisChapitre 97 sur 226 · DÉVELOPPEMENT DU MARYLAND · texte numérisé non relu

DÉVELOPPEMENT DU MARYLAND

-venant d'Angleterre et du nord de l'Irlande. Plus tard, on vit arriver des huguenots français qui, après la révocation de l'édit de INantes, s'y établirent à la faveur d'un bill qui leur accordait la naturalisation (1686). Beaucoup plus tard, c'est-à-dire vers le commencement du xviu' siècle, des Allemands protestants, profitant de la même faveur que celle accordée aux Français, émigrèrent de Pennsylvanie dans le Maryland. 11 en fut ainsi des Écossais et des Irlandais, qui opérèrent le même mouvement de migration d'une province à l'autre (1). Quoi qu'il en soit, la race anglaise dominait beaucoup et marquait son empreinte sur ks mœurs et les institutions. L'on a constaté, à l'époque de la restauration de Charles II, que le nombre des habitants blancs pouvait s'élever à 12,000, chiffre relativement important, si l'on considère que cette colonie n'existait que depuis vingt-six ans (2).

L'esclavage des races de couleur s'introduisit dans le Maryland comme en Virginie, pour exonérer les blancs des travaux pénibles de l'agriculture. Il fut réglementé de la même manière que dans cette province, y compris même la prohibition de l'union des blancs avec les noirs (3).

A cette formation première vint s'ajouter un autre élément d'une nature bien différente, nous voulons parler des convicts criminels que TAngleterre rejetait de son sein et qu'elle faisait pénétrer d'autorité dans ses colonies du centre et du sud de l'Amérique. Le Marjland s'évertua à repousser ce calice, en usant de subterfuges qui devaient en neutraliser les effets, notamment en frappant de taxes assez élevées cette nature d'importation (4); toutefois le commerce des convicts était si lucratif qu'il brava cette charge et répandit dans le pays un nombre assez considérable de ces malheureux. Du reste l'expérience a montré depuis que ces nouveaux venus, malgré leurs déplorables

(1) Baird, Migionin America, p. 153, 159 el 163. — (2) Mac Mahon, ffislory, vol. I, p. 222. — (3) Hildreth, vol. I, p. 519, 568. — (4) Ban- CROFT, vol. I, p. 283.

anlécédenls, furent inoffensiCs pour la population sédentaire, soit que bon nombre d'entre eux aient quitté la colonie, soit que, mêlés à des éléments sérieux et prenant racine dans le sol, ils aient ressenti la bienfaisante influence de chaque jour exercée par ceux-ci. Ils devinrent, comme en Virginie, des colons utiles (1).

Le Maryland était, ainsi que la Virginie, fractionné en établissements épars n'ayant entre eux que peu ou point de routes praticables, bien différents en cela des colonies de la Nouvelle-Angleterre, où les populations agglonfiérées pouvaient mieux faire qu'ailleurs un premier apprentissage delà vie polilique. Aussi la création des towns dans les colonies puritaines fut-elle une conception très heureuse, qui leur donna une grande supériorité sur les autres provinces anglaises en Amérique. Les difficultés de communication dans le Maryland et en Virginie furent nécessairement une des causes qui retardèrent l'établissement d'écoles publiques; ce n'est guère que vers la fin du siècle (1694), que la législature en créa à Annapolis, comté puritain de cette colonie.

Lord Baltimore mourut en 1675, laissant pour successeur Charles Calvert son fils, troisième du nom. L'avènement de celui-ci au pouvoir suprême fut le signal d'un mouvement insurrectionnel fomenté en Virginie, province où s'agitaient des rivalités jalouses de commerce et autres. Une prompte répression déjoua ces intrigues que rien n'expliquait; car Charles gouvernait déjà lui-même ce pays depuis quatorze ans, en vertu d'une délégation de son père, et aucune cause apparente ne faisait pressentir cette levée de boucliers contre lui.

D'après l'économie des institutions, tout habitant libre (freeman) était électeur; tout serviteur engagé, au terme de son engagement, tout convict, à l'expiration de sa peine, pouvaient réclamer l'exercice des droits de citoyen. 11 en était de même des noirs et des Indiens libres attachés à la

(i) Mac Mahon, yoL I, p. 314, 334 et passim.

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