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L'exemple de l'Allemagne socialiste ne vient-il pas exactement de la même façon renforcer celle thèse. La majorité ou presque est acquise au parti sOCIaliste, c’est en tout cas lui qui gouverne. Il détient le pouvoir et cependant, a-t-1l réalisé la transformation sociale : certes, il a essayé, ila fait voter des lois de socialisation, mais quelle application réelle s'en suit-11? Chaque jour nous apprend les difficultés rencontrées ; cependant, le socialisme allemand était un modèle de puissance et de force d'organisation, il ne parvient qu'à ébaucher les solutions, la vie économique reste dans son ensemble sous la forme de l’organisation privée : c’est encore la preuve que même la loi socialiste ne peut faire surgir tout à coup le monde économique nouveau si les cadres n'existent pas préalablement.
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d) DIFrFÉRENCES POSSIBLES ENTRE SOCIALISME POLITI
QUE ET COOPÉRATION ÉCONOMIQUE. — Deux autres différences possibles entre République coopérative el = République sociale. )
a) Socialisme de producteurs où socialisme de consom-
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2 mateurs. — Puisque nous parlons des expériences russes + ” et allemandes et marquons leur insuffisance relative : | pour la réalisation du socialisme malgré la maîtrise du : pouvoir, ne peut-on aussi se demander si précisément, * en raison de ces tentatives, il n'ya pas une autre diffé- 4 rence et celle-là beaucoup plus grave entre la Républie que coopérative et la République sociale.
L'une des caractéristiques de l'effort dans chacun des ays dont nous venons de parler n’a-t-il pas été de créer une Société reposant sur la prédomimance des producteurs alors que la formation de la République coopérative repose sur la souveraineté du consommateur. - Il est bien vrai que le mot de République sociale ne +. semble nullement indiquer cette idée. Le mot « sociale » = implique au contraire la maîtrise de la collectivité et le collectivisme ou le communisme ne peuveni se concevoir que par la suprématie même de la catégorie éCco-
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Lt 114 LA RÉPUBLIQUE COOPÉRATIVE
BE nomique des consommateurs ; la République sociale Eat semble à première vue au-dessus des catégories écono- Es miques, elle représenterait la souveraineté de la société sis elle-même impliquée, identifiée en ses manifestations ir de tous ordres ei de toutes espèces, économiques, tech- NE niques, juridiques, etc. En un mot : c'est la Société. Hits Et pourtant, une équivoque semble subsister. Quel- Lire ques socialistes, précisant leur idéal, ontbien dit conce- Ur voir la Société nouvelle comme une immense coopéra- TES tive économique ; Kautsky, le grandthéoricien marxiste, ns n'a-t-il pas écrit : « Le régime socialiste qu'est-ce je donc sinon une Coopérative élargie et généralisée », PAL mais les formules du socialisme politique généralement 4e employées sont plus vagues ; que disent-elles ? Elles par- RE lent aussi également de l'émancipation du travail et de Ha l'émancipation sociale, elles parlent du régime quitrans- BE formera le travail salarié en travail associé. Nul doute Re en tout cas que dans les masses le socialisme n'appa- DUR raisse uniquement comme la main mise des travailleurs '] 1e sur la production et l'échange. Il s'agirait alors d'une è es cité de travail dirigée par le travail, au profitdu traii vail, cest alors un socialisme de producteurs.
D À la notion du droit de la collectivité s'oppose alors
le droit du travail; certes, pour la plupart, les socialistes ont dénoncé l'usine aux travailleurs, la mine aux mineurs, etc., et ont montré qu'une société pareille n'aboutirait qu’à une lutte effrayante entre groupes de producteurs. Ils ont insisté sur la propriété sociale mais sans préciser quelle part de gestion de la propriété commune, quelle indépendance et quel rôle seraient assurés aux producteurs ; l'école syndicaliste et la C. G.T. fran- - çaise ont du reste été fort instructives à ce point de - vue ; la résolution du Congrès d'Amiens et celle du Cengrès de Lyon ne disent-elles pas ceci :
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« Le syndicalisme réalise le régime nouveau suivant ses conceplions propres avec les organismes qu'il aura lui-même créés et dont le caractère essentiel doit être de donner aux forces de production la direction et le contrôle de l’économie collective... »
(Congrès de Lyon dela G. G. T., septembre 1910.)
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