‹ La République coopérativeChapitre 141 sur 249 · À ENT NEC EONTEE AE TNT ER ONE EL TR SET UNE ER RE ER · texte numérisé non relu

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Certes, les militants obscurs de la coopération ne se présentent point avec l'auréole du martyre des premiers chrétiens et cependant, leur histoire collective, toujours la même et si fréquente, peut s'inscrire avec honneur dans les pages les plus belles de lhumanité.

Il faut le dire, si les temps sont révolus, si l'évolution économique ne permet plus à une coopérative de vivre seulement de dévouements, si les coopératives arrivés à un certain degré de développement doivent remplacer la foi par l'organisation, le désintéressement par l'ordre, il y a une phase préhistorique de la coopération que personne n'a le droit d'oublier.

Combien de Sociétés coopératives puissantes doivent leurs premiers résultats à cette « foi » du coopérateur. Elles n'auraient pu résister aux fautes d’un début, aux attaques de ses ennemis, à l’imsuffisance de ses dirigeants, à l'indifférence du client et à l'apatbie du consommateur, si un noyau de coopérateurs ne Se fût trouvé, ici pour consommer, les mauvaises marchandises résultat d’un marché malheureux, là pour se fournir à prix peu avantageux, ailleurs pour endosser des responsabilités financières. La coopération ne serait point ce qu’elle est, sans le dévouement de ses « fidèles ». |

Ces faits sont patents, répétés. Il n’est peut-être point superflu de le rappeler aux néophytes et de le répandre chez ceux qui, ignorant la coopération, l'ont négligée ou même combattue.

Ainsi donc, il y a une « foi coopéralive » et elle est le ressort moral de milliers de consommateurs fidèles à leur Société. Elle apparait à certains moments et chez beaucoup comme ayant un véritable caractère relisieux. Le culte de la coopération, la religion de la coopération, combien de ceux qui la pratiquent s'élonneraient si on cherchait à leur faire comprendre le carac- {ère mystique de leur ardeur en faveur de l'idéal coopéralif.

d) LA MORALE PRATIQUE DE LA COOPÉRATION. — Du reste, si certaines Sociétés coopératives peuvent n en-

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visager que le côté strictement matériel, si même certaines ne vont pas jusqu'à la conscience de la valeur de transformation sociale de la coopération, la plupart en toub cas (nous pourrions presque dire aujourd hui là presque totalité) ont l’idée si bien anerée d’une préoccupalion morale qu’elles consacrent des sommes quelquelois importantes à ce qu’elles appellent les. œuvres sociales.

Souvent les Coopératives, dans leur ardeur même, arrivent à confondre la nécessité de ces œuvres avec le but de la coopération elle-même. La prétention de vouloir accomplir une œuvre sociale leur fait croire que ce sont ces œuvres sociales qui font fa coopéralion, certains sont même quelquefois arrivés à prétendre que sas ces œuvres, elle ne mériterait pas le nom de coopération. |

a) Les œuvres sociales. — Nous ne méconnaissons pas la valeur des œuvres sociales, mais il ne faut tout de même pas dire que ce sont les œuvres sociales de la coopération qui en font une œuvre de transformation socialiste.

La coopération est socialiste par nature, puisque en tout cas elle élimine les revenus sans travail ét cons- Hitue un embryon de la Société nouvelle en formation. C'est par son caractère économique qu’elle est un facteur de transformation sociale: Les œuvres sociales de la coopération n'ont rien à voir avec cela, Elles correspondent seulement à une préoccupation morale.

Les œuvres sociales de la coopération sont infiniment variables, mais qu'elles soient dirigées contre la tuberculose ou l'alcoolisme, qu’elles profitent aux seuls sociélaires où à Pensemble des consommateurs, qu'il s'agisse de fonds de solidarité, de prévoyance contre la maladie, le décès, pour la maternité, voire l'invaliditéet fa vieilesse,qu'il s'agisse de Maisons du peuple, degroupes théâtraux, sportifs ou autres, elles sont inspirées de la même préoccupation. Que l’on songe aux enfants, aux jeunes filles ou aux jeunes gens avec les cours d’enseignement de toutes sortes, que l’on veuille à tous procurer, par un concert, des plaisirs et des joies, peu im-

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