CHAPITRE II
À) Le salariat et la République coopérative.
Dans quelle mesure la République coopérative tiendra-t-elle compte des organisations de producteurs et apportera-t-elle une solution à la question de l’organisation du travail et à la question de la suppression du salariat, tel est le problème que nous voudrions maintenant examiner.
S1, en effet, nous nous en lenons au schéma de la République coopérative telle que nous l'avons for-
mulée dans des pages précédentes, il s’en suit bien
qu'au point de vue économique, tous les revenus sans travail ont disparu et que l’ensemble des moyens de production et d'échange a fait retour aux consommateurs associés, mais 1l en résulte également que les
Consommateurs, par leurs organisations, dirigent en-
tièrement et exclusivement la production.
Ainsi donc, dans ce domaine, rien ne serait en apparence changé à la situation faite aux travailleurs en tant que producteurs dont l’ensemble constituerait une immense armée de salariés au service des consommateurs souverains.
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B) Différence avec le régime actuel.
. Certes, entre cette société et la société actuelle, une + grande différence apparaît tout de même.
* Le jour où la République coopérative serait totale- + ment établie, il se trouverait que chaque producteur “+ serait en même temps membre de la Société coopéra-
tive ; ainsi, tout le monde serait à la fois employé de la République et en même temps, comme consommateur, participant à sa gestion et à la nouvelle souveraineté.
Les Conseils d'administration des Sociétés seraient en vérité composés de producteurs puisqu'ils ne pour- e raient faire autrement que d’être employés dans une #1 organisation coopérative, étant x. que tout le tra- = vail serait concentré dans la République.
Egalement une autre différence avec le régime actuel et de la plus haute importance existerait. il ny aurait plus de profit, celui-ci résorbé au profit de la collectivité ferait retour à chacun des consommateurs.
Mais il n’en reste pas moins que la République coopérative, si on la voit seulement dans son développement naturel. telle par exemple elle apparaît dans l’organisation de la production par les Magasins de gros qui ee existent actuellement, laisse subsister en son entier les formes du salariat, es
Il est vrai que tous ceux qui ont depuis un demisiècle demandé l’abolition du salariat visaient beaucoup plus, par cette formule, un régime qui nincite nullement au progrès économique et qui, moralement, n intéresse ni de près ni de loin le travailleur à son propre effort, qu'un régime de travail consistant dans la vente de la force de travail contre une somme d’ argent.
Dans le premier sens, en vérité le plus courant, la République coopérative abolit le salariat puisqu elle abolit le profit; ce qui reste donc comme problème à examiner esl simplement de savoir si on doit s’en tenir à l'organisation du travail tel quelle existe aujourd'hui ou si, au contraire, il n’y a pas heu d'en trouver des formes différentes.
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