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reprenant nos exemples de tout à l'heure. Or, son sucre nes écoulerait jamais et elle manquerait toujours de vin. Mais, dira-t-on, puisqu'on a admis la majoration moyenne, pourquoi alors ne pas réduire le prix des marchandises de 4 à 8 p. 100 correspondant au tropperçu éventuel réparti en fin d année ou de semestre à La Coopérative. Une difficulté pratique très grande se présente. Théoriquement c’est possible, mais pratiquement, On risque d'être au-dessous du prix de revient réel et à la merci d'un mauvais achat, d’une vente insuffisante, de rossignols perdant de leur valeur, d’un coulage, d'une perle inattendue. Enfin, les capitaux coopératifs étant forcément faibles, il n'y a plus de fonds de roulement, or ceux-ci sont assurés par la vente au-dessus du prix de revient : il n y a point d’argent pour faire d'achats en gros et bien placer la Société, La vie de la Société est suspendue à un fil, vouée à la stagnation, sans espoir de développement normal el sans espoir de grandir. C'est ce qui fait le caractère précaire des Sociétés coopératives qui ont tenté ce système.
Toutefois, la Coopérative doit toujours tendre à vendre plutôt légèrement au-dessous du prix du Coramerce et alors, l'inconvénient est moindre. Elle ne se laisse pas ainsi entraîner par la tendance deses concurrents privés qui naturellement, et surtout quand la concurrence ne joue pas, veulent dépasser le prix juste,
le taux normal d'exploitation et de bénéfices que pour-
tant leur donne déjà régulièrement la Société capitaliste. | |
La coopérative est ramenée d'elle-même et pratiquement à la règle énoncée. C’est ainsi que certaines Sociétés, à l'opposé de la vente au prix de revient, ont quelquefois tenté de vendre au-dessus du prix dü commerce, quelquefois jusqu'à 5 ou 10 p. 100, mais alors qu'est-il arrivé? Ces Sociétés disaient : qu'importe que le coopérateur paie un peu plus ou un peu moins, en fin de compte, pour lui, le résultat sera le même : il palera chaque jour un peu plus et il touchera à la fin de ‘année un peu plus également. N'est-ce pas utile, disaient les partisans de cette thèse, que la coopération.
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oblige le consommateur à une sorte d'épargne obligatoire, la grosse ristourne ne présente-t-elle pas mille avantages, car ainsi la Société s’assurera dans ses
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bien placer commercialement? Et cependant avec ce système, peu à peu, ces coopératives voyaient leurs frais généraux s'augmenter, le coulage se produire, elles étaient hors de la « norme » économique. Si elles réussissaient partiellement, elles n'étaient plus une institution économique mais seulement une œuvre de prévoyance et de mutualité el ce n'étaient plüs les consommateurs qui y étaient intéressés en tant que tels. Quelquefois ces sociétés, un beau jour, se trouvaient du reste devant des situations financières embarrassées et la ristourne diminuée conduisait à l'effondrement, faute d’une éducation du consommateur. Celui-ci ne se rendait plus compte que la coopération élimine le bénéfice du commerçant et ne peut ni faire plus, ni faire moins.
Enfin, si la Coopérative est vouée expérimentalement à la vente au prix juste et si elle subit la loi organique de la Société actuelle, la concurrence libre de la Société marchande, elle en recueille un autre grand avantage, qui aujourd’hui devient et demeure l’un de ses apanages. Elle régularise les prix, non pas seulement pour elle, mais pour le marché tout entier. En France surtout, où la coopérative vend de plus en plus au public, cet avantage est encore plus marqué. La Coopérative, organe naturel de régularisation des prix, est l’étalon du marché; c'est le témoin toujours présent de ce qui devrait être le prix de tout le monde, la coopérative, tout à la fois vend au prix normal que doit vendre le commerce privé, et elle oblige amsi le commerce privé à vendre à son propre prix (1).
En ce sens, la Coopérative est uneinstitution publique pour l'établissement et la fixation du cours des mar-
(1) C’est du reste ce qui fait qu’il ne lui servirait à rien de vendre au prix de revient, car le commerce privé vendrait facilement à son prix et même plus bas jusqu’à sa disparition. Gelle=ct ne saurait être éloignée si le consommateur précisément n'avait été attiré à la Coopérative que par l’idée du bas prix.
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