‹ La République coopérativeChapitre 96 sur 249 · L | \ 7-2 LL · texte numérisé non relu

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Là où 1l serait nécessaire d’avoir un boulanger, il en y à dix.

La société regorge de vin mais le blé lui fait défaut

au même moment. Comment en serait-il autrement, il n'y a d'autre régulateur à la production que le régulateur à longue échéance, fait des entreprises qui sombrent faute de clients ou d'absence de profit.

À l'inverse, c’est l’appât de gros profits qui seul peut faire naître des institutions nouvelles dans telle branche d'industrie insuffisamment pourvue d'entreprises et c’est seulement ensuite qu'il est satisfait aux besoins.

C) LA RÉPARTITION DES RICHESSES EST FONCTION DE LA PRODUCTION. — De la place que chacun occupe dans le procès de production résultent les revenus des catégories sociales et le profit étant le moteur de la production, la société- humaine se trouve par là même divisée en deux classes bien distinctes, ceux qui vivent du profit ou cherchent à en vivre et ceux qui ne peuvent vivre parce qu'ils ne possèdent pas loulil pour le produire, cest-à-dire le moyen de travail, linstrument de production.

Certes, il n’en fut pas toujours ainsi, à l’origine de la société économique actuelle où chaque travailleur possédait son instrument de travail, le tisserand son métier, le postillon sa diligence; mais rapidement, et de plus en plus il en a été ainsi à mesure que les moyens de production et d'échange exigeaient, pour être mis en valeur, un travail collectif et où leur propriété devenait l'apanage et le privilège de celui qui séloignait du procès du travail pour n’attendre que les « profits » de l'entreprise.

N'est-ce pommt mamtenanit le cas général de plus en plus fréquent? Le ressort du régime économique entraine donc la constitution de deux classes, ceux qui vivent des revenus sans travail et ceux qui vivent des revenus du travail, et cette partie de l'humanité qui loue Contre une somme d'argent, le salaire, sa force de travail sans jamais en posséder ni le produit ni linstrument, ne participe m1 de près n1 de loim au profit de l'entreprise.

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d) LA SUBORDINATION DE L'INTÉRÊÈT DU CONSOMMA- + TEUR. — Il résulte des directives mêmes de la société: É économique que la consommation nest là que pour servir la production. Aussi, avec quelle désinvolture ne traite-t-on pas l'intérêt général du consommateur : quelques exemples pour le démontrer.

S'agit-il par exemple d'une question aussi importante

ue celle du pain, on a vu au cours de la guerre la

rance menacée de manquer de cet aliment de toute

remière nécessité pour elle. Pour avoir du pain, il fallait de la farine, pour avoir de la farine il fallait augmenter la production du blé qui en France, à peine suffisante en temps de paix, était totalement inférieure depuis la catastrophe; est-ce l'intérêt du consommateur qui a prévalu. On a importé d'Amérique les quantités qui manquaient, mais comme elles étaient plus chères que celles provenant de la production française, on a immédiatement payé le blé aux producteurs français à des tarifs qu’ils n’avaient jamais connus. Puis, comme c'était la guerre et qu'une augmentation du prix du pain aurait affaibli la résistance civile du pays, l'Etat a maintenu les prix bas du pain et payé la différence.

Puis ensuite, on est revenu peu à peu au taux nor-

. mal, mais alors, on a créé la hausse chez le producteur et en dernière analyse le déficit budgétaire sera soldé par de larges impôts de consommalion.

S'agit-il par exemple d'échanges internationaux. Après la guerre, le change favorable pour nous avec l'Allemagne permettait d'obtenir à bas prix les verres et les ustensiles de ménage fabriqués dans les pays rhénans et ceci en faveur des consommateurs des pays du Nord et des régions libérées qui en avaient le besoin le plus urgent. Non seulement, par suite de la catastrophe, la fabrication française vendait fort cher, mais les fabricants ne pouvaient fournir suffisamment la

clientèle éventuelle. Cependant on a, dans l'intérêt de cette catégorie de producteurs industriels et au détriment des plus intéressants des consommateurs, interdit l'importation de ces objets. Il est du reste arrivé ce fait surprenant que certaines industries anglaises nous ont revendu ces marchandises après les avoir grevées à

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