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COMMENT ON LP: RESTE

Lorsqu'on est devenu député, on ne doit plus avoir qu'une préoccupation essentielle : le rester.

La difticulté varie selon les circonscriptions. Dans certaines régions, il suffit, pour garder la place, de l'avoir.

— Celui-là est déjà gra-s. disent les électeurs de quelques lointaines provinces, tandis qu'un nouveau, il faudrait l'engraisser.

Je ne suis pas sûr que ce ne soit pas là, pour le suffrage universel, le dernier mot de la sagesse.

Ailleurs, au contraire, on aime les fi-

gures nouvelles. C'est là qu'il est le plus difficile de se maintenir.

Pour se maintenir, il n'y a qu'une règle essentielle : y penser toujours. Le député « qui y pense toujours » doit alors partager son temps entre trois besognes principales : courir, promettre, écrire.

Si ses courses sont sans résultat, sises promesses sont toujours vaines et si ses lettres n'apportent jamais rien de définitif, cela n'a qu'une importance relative. L'électeur qui demande un service ne tient même pas toujours à ce qu'on le lui rende. Il tient : i'' à montrer son importance ; 2'' à recevoir des lettres.

Un bon député, qui reçoit une lettre d'électeur, doit en écrire aussitôt trois :

Une à l'administration compétente, pour transmettre la demande de Tintéressé.

Une à l'intéressé, pour l'avertir qu'il a transmis sa demande.

Une seconde au même, pour lui faire

connaître la réponse de l'administration compétente.

Les députés qui reçoivent quarante lettres d'électeurs par jour ne sont pas des exceptions.

Le Parlement ne règne pas, ne gouverne pas, il écrit. Le régime qui préside à nos destinées n'est ni la République, ni l'Empire, ni la Royauté, ni l'autocratie, ni la démocratie — c'est la Correspondance.

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