CONCLUSION
J*&i t&ché de me renfermer strictement dans lesigc t que j'aYais à traiter. En rechercbantles termes d\uie transactkm qui satisfît, par une garantie autre que la conquête, au désir de sécurité que manifeste TAllemagne, j'ai écarté les propositions sans valeur dont la discussion noaa aurait entraînés trop loin. Quel rapport pourrait avoir avec cette sécurité de l'Allemagne, l'Alsace neutralisée sans devenir un pajs à part» la cession d'une partie des nos vaisseaux cuirassés ou de quelques-unes de nos cokniiestEn quoi IWiandon dHine colonie différerait-il de l'application du droit de conquête?
Pour en revenir à la république neutre d^Alsace, plus j'y réfléchis, plus je me convaincs qu'il y a là une solution telle que doi-
Oigitized by
Yent raccepter dans lean BitoAtiODspiéBenteB r Ataaoe et k Franee. Jel^ d^dit, toate
bonne solntion est une solution de liberté ; ceci nous consolera un peu, nous Français, si nous accomplissons ce douloureux saciiûce.
QuantanzAUemandByjele leur déclare avec une loyauté qu% auraient tort de mettre en doute, de tous les moyens de fortitier leur frontièrOyCelui-ci est le plus efâcace. Leur frontière acquerra une solidité toute nouvelle; le point de départ des attaques françaises sera sup* primé ; une indépendance et une neutralité, deux remparts au lieu d'un, se dresseront entre eux et nous ; la vigilance de r£urope y tiendra en quelque sorte garnison; les Etala du Sud se sentiront soustraits à eette inquiétude que leur inspirait un puissant et menaçant voisin; nous nous trouverons aussi loin que possible du protectorat français et de la Confédération du Rhin.
Mais il ne suffit pas, je ne le sais que trop, qu'un traité de paix soit conforme aux intérêts de tous pour que tous y donnent les mains. Il faut à la négociation de là paix les secours de Tesprit de paix. Cet esprit eiiste-til ? Je n'ai pas à discuter une pareille question au point de vue de rAUemagne; qu'elle fasse
elle-même soa examen de conscience. Quant à BOttSi notre examen de couciam ntiiB Mènera, je le oio»» à leoomaltre que bob flentiflMiita aciBels, que tes idées qui ont
cours chez nous, que nos manifestations offîcielles d'une part et nos silences de Tautre font olNitade à la eoDclnaîoB d'une paixkoarnUe.
Qa'eet-oe qaeoe déploienientde Bentîments hainevi dont nom aonmea aujoiiid%oi témoins ? On dirait que nous nous appliquons à envenimer, au lieu d'adoucir; nous versons de nos propres mains du poison Bor ces plaies delagnerre,qai8Qntdéîjà ânes âooknurenses par elles-mêmes. Nous semblons oublier que notre devoir de chrétiens, que notre devoir de braves gens consiste à procurer la paix. On ne sormcmte le mal qne par le bien; on ne Bormonte la haine qne par la ebarité.
Il y a des haines à surmonter dans les deux pays» et quel compte n'aurions -nous pas à rendre, si noosnonseffiNrcionB de les attiser! Il est fiidie de passionner les Imes, ' \ d'exaspérer les instincts mauvais, de lever
l'armée des méchancetés, de faire naître la
soif des vengeancest disons mieux, la soif du nng.
La emanté appelle la emaati, aussi attre-
meut que la douceur appelle la douceur. Un exécrable héritage de violences et de détestations peut être tfansmia aux géDératioiiS fatnns; noua pourau préparerà nos enfuis un ayenir qui fera regretter nos misères actuelles.
Je souffre comme Français, et plus que je , ne Bauraia le dire, quand je T0Î8 qu'on excite chez nous ces fârodtée, sons prétexte de donner à notre peuple la virilité que réclament des circonstances suprêmes.
L'esprit de paix énerverait-il, par hasard, le courage des dU^eus? Faudrait-il haSbr pour bien combattre? Il fut un temps où nous ne pensions pas ainsi : nous trouvions plus chevaleresque de rendre hommage à la vaillance de nos ennemis.
Loin d'ajouter aux forces delà France, nos rages patriotiques et nos excitations convulsives sont aux yeux de TËurope un signe évident de laihleBse. Plus forts noua serions plus calmes, et pluscabnes nous aériens pltn justes.
Plus justes ai-je dit; ce n'est pas seulement
en effet au nom de la charité, c'est au nom de lajusUce qu'il faut renvoyer à Tenfer qui les a Tomta ces furies de la haine et du meurtre déchaînées parmi noos.
Nous sommes en train de devenir injustes par de là toute mesure.
Le blâme que nous pourrions équitablement infliger à certains actes odieux des Al- . ' lemands s^afibiblit et perd sa valeur, noyé
qu'il est dans l'exagération d'une flétrissure générale. ïenona-nous donc à imiter le premier empire, à transcrire, pour les appliquer aux Allemands et à Bismarck, ces fisuneux ar* ticles du Moniteur qui vouaient les Anglais etFitt à l'exécration de la postérité? C'est une besogne toute préparée et nous ne ferons jamais mieux :Pitt est un monstre, les Anglais sont la honte du genre humain !
Notre passion nous représente aujourd'hui un ministre pervers, un roi cruel et hypocrite, une armée sauvage, une nation sans entrailles et sans conscience, une guerre dont . * ^ les atrocités n'ont point de précédents dans
riiistoire, une invasion de barbares qui dépassent Genseiic et Attila.
' ' \ . Je ne veux rien atténuer; tout en frisant
la part des horribles nécessités de la guerre,
je m*mdigne des rigueurs extrêmes qui vien^
nent souvent s'y ajouter. La guerre est le grand coupable, je le sais, et personne ne Tadoadra jamais; toutefois certains actes restent manyais, nous amms raJson de les réprouver au nom de la conscience universelle.
Cela posé, et le cœur plein de la douleur que me cause ce qui se passe dans mon pays, je n'en éprouve pas moins le besoin d'être
juste. Défions -nous de ces maximes unilatérales en vertu desquelles nous trouvons impardonnable chez les autres ce que nous nous pardonnons fort aisément à nous-mêmes.
Nous sommes partis pour envahir, et l'invasion nous paraît le plus odieux des crimes. Nous allions à Berlin, et nous trouvons qu'il y aune perversité sans égale à bloquer Paris. Nous ne serions pas revenus dîme campagne victorieuse, longue et sanglante, sans en rapporter un accroissement de nos provinces de r£st, et TAUemagne, lorsqu'elle réclame l'Alsace et la Lorraine, nous lut Teffiet d'inventer pour la circonstance un abominable droit de conquête.
Nous serions plus justes, si nous consentions à renverser les rôles : mettons-nous à la
place des Allemands. Noos avons été attaqués et envahis par un très-puissant voisin, au XVn* siècle d'abord, au XVm* nède ensuite, au commencement du XIX* enfin. Cette dernière invasion a été un écrasement ; notre Waaété occupé d'un bout à Tautre, des provinces entières loi ont été enlevées, des réquisitim impitoyables Tont dépoaîllé;il ne s'est délivré qu'après avoir subi le jong pendant plusieurs années. £t maintenant cela recommence; le XDL* siècle est témoin d'âne attaqoe nouvelle IQoeferoiis-nons? Je le répète. Ne penserans^iOQS pas, nous Français, que cette fois il faut en finir? Ayant repoussé l'attaque et rejeté la guerre chez l^nmeniî, «jant versé dans cette terrible latte le meillenr de notre sang, ne persisterons-' nous pas à combattre tant que nous n'aurons pas obtenu une garantie de paix pour Faveur, une sécorité pour imm fronti^ ?
Les peuples étrangers s'étonnent des privilèges que nous réclamons. Ils croient que leur territoire est aussi sacré que le nôtre, que leurs capitales sont aussi sacrées que Paris. Ils ne nous reconnaissent ancnne Inviolabilité partiealière.
Ils ont raison ; ayons le courage de le dire.
iOI
La JB^ance ne peut que s'honorer aux yeux du nKmdè en se plaçant éUe^méme sur le terrain du droit commun. Nous qui avmiB
supprimé tant de privilèges, nous aurions mauvaise grâce à maintenir celui-là.
Mais, s'écrie-t>on, ceci est une guerre im« plaeable; il dépendait des vainqueurs de la terminer depuis longtemps. Depuis que Touverture de M. Jules Favre a été repoussée, c'est une guerre nouvelle, une guerre d'ambition et de conquête, une guerre d'invasion; ' c'est la guerre ofifensive qui a remplacé la guerre défensive ; c'est la guerre allemande qui a remplacé la guerre française; nous étûms responsables de la première ; rAUema* gne seule est responsable de la seconde!
Je ne prétends pas que Tesprit de pi^z n'eût pu inspirer aux chefs de l'Allemagne des résolutions meilleures que celles qu'ils ont adoptées depnis Sedan. Ce cri de leurs propres armées: < La guerre est fiide! > exprimait une pensée vraie On eût pu retourner alors chez soi en se contentant de prendre des gages, de contînner le blocus de Mets, d'acheyer on d'entreprendre le siège des places fortes dans les départements qu'on aurait voulu occuper.
lOS
Quant à traiter de la paix, il n'y avait pas réeliemeat moyen; (m sait quel était ie programme de notre goaverneiiiflat Ni mpoiu^ du territoire, id ime pienre des Arteferaes. A la place de rAllemagne, aurions-nous accepté dételles bases?
Maie l'empire avait été renvcraé ! Maiala répnbligoe «rat été prodamée! Oui, Tempire avait été renversé, par le roi de Prusse et non par nous. Beste la proclamation de la république.
On sait que je ne sois pdat bostileàoette fbfme de gouvernement ; je ne saurais admettre toutefois qu'elle possède un caractère de sainteté, une sorte de droit divin, et que rennemi soit tenu de s'arrêter devant eUe sons peine de sacrilège. Â vrai dire, nous ne saurions présenter aucune de nos formes de gouvernement à titre de garantie ; nous en changeons trop souvent. Sommée de se retirer et de rentrer diez elle parce que la république a remplacé l'empire et parce que noos désavouons une guerre malheureuse, PAlle^ magne pourrait se retrouver trois mois après en fm d!un antre gouvernement, d'un gouvernement belliqu^ ; il suffirait d^une nou-
lot
yelle révolution à Paris. ISoyons vrais, larépnbliqiie n'est pu une ganatie valable.
S'agit-il des emanléB eomniiBes par lee wt*
mées allemandes ? Je doute qu'elles rencontrent un juge plos sévère que moi : je ne puis entendre parler d'un village brûlé on d*im pauvre paysan qu'on passe par les armes sans que mon cœur se révolte. Et néanmoins, je suis bien forcé de le dire, la guerre est la guerre. Où s'arrêtent les terribles néoesaités qu'elle entraîne ? Qui osera fixer leurs Bmites ^ précises ? Nous-mêmes, si nous avions réussi, si nous étions aussi avancés en Allemagne que les Allemands le sont en France, si nous étions forcés de protéger des comnmnicationi anssi longues contre lliostllité de tout m peuple, ne recourrions-nous pas à des mesures rigooreuses V Nous avons beaucoup fusillé en Ëspagne, beanconp iiisillé et pendn an Mexique. L'Allemagne, puisqu'il s^t dUle, n'a pas oublié le chiffre de nos réquisitions. Quant aux bombardements, nous avions emporté des bombes et des obus ; après nous en être servi à Baarbïuck, nous oomptâons bien, je pense, nous en servir contre Bastadt et Coblence.
Il n> a pas si longtemps d'ailleurs que les
vaisseaux français et anglais jetaient des bombes dans Odessa, ville ouverte. Plus récemment encore, le bombardement de Charleston avait été ponramyi pendant plvsieani mois par l'armée américaine sans qu'aucun de nous songeât à s'en formaliser.
Je dis tout cela pour Tacquit de ma conscience et d'an sentiment dimpartîalité, Uea convaincu d'ailleurs que certains actes sont mauvais en eux-mêmes, que le mal est toujours le mal, qu'on ne doit pas le justifier, et qaelemomentapprocheoiinndîgnation du genre humain opérera, qu'on le yenille ou non, une réforme des usages de la guerre. Ce nesm pas la première, ni la dernière non . plus.
Est-il juste mfin de reprocher au roi de
Prusse les paroles par lesquelles il rend grâce à Dieu de ses victoires ? Je vois qu'on s'en irrite beaucoup, et je me demande ponrquiâ.
Si toute guerre est un crime, on a raison :
prier pour un crime, rendre grâce pour le succès d'un crime , c'est une des plus hideuses iu&mies que le pharisaïsme ait inventé.
Mais il est des guerres légitimes ; je dis plus, > il est des guerres saintes; les guerres défen-
sives sont du nombre. A tort ou à raison, le
roi de Prusse est permiadé qae la gaem actuelle a ce caractère en la&isant, en la poursuivant jusqu'à ce que le but défensif soit atteint et qu'il ait obtenu (dans son opinion, j'entends), ia sécurité delà frontière allemande, il a le sentiment de remplir nn dcTdr.
Avec ce sentiment-là, on peut prier et rendre grâce. Verser le sang, c'est une chose horrible ; toutefois le soldat qui tue pour défendre son pays remplit un devoir; qui de nous lui reprochera de s'agenouiller, d'implorer la protection divine, de remercier Dieu pour le succès de ses armes ?
Nous ne devons pas fiûre aux autres ce que nous ne voudrions pas qui nous f ût fait ! Néanmoins le juge qui condamne un criminel accomplit un acte légitime, et le prince qui combat à la téte de ses troupes pour protéger la pallie menacée se trouve dans le mtee cas.
Remptit-ii simplement son devoir, ou mêlet-il à la guerre défensive des pensées d'ambition et de conquête? Ceci est une autre question; elle relève de sa conscience.
A c5té de l'esprit de paix et de resprit de justice, je voudrais voir apparaître chez nous
l'esprit de liberté. Sans lui, nous aurons de> peme à fiiire prévaloir une transaction.
Pour réagir contre les excitations violentes, il &at un peu de courage, U iaut un peu de cette indépendance personnelle ^ne notre centralisation latine a trop affiubUa Noos avons pris rhabitude de laisser faire les minorités tapageuses, de suivre les courants sans leur résister, de céder aux entraînements souvent&ctices dont Paris donne le signàL Et que dis-je, Paris! une portion de Paris. Pins d'une fois la France a laissé faire Paris, qui laissait faire à son tour une minorité de Parisiens.
Depuis qnelqnes mois, nous ne cessons de
trouver des motifs pour nous abstenir et pour nous taire. Nous nous sommes tus au mois de juillet : A quoi bon combattre la déclaràtion de guerre! ITétait-il pas trop tard ! Ne fallait-il pas suivre le drapeau? Pouvions-nous nous diviser devant Tennemi!
Nous nous sommes tns an mois de septembre.
Gomment dénoncer la fbndation qnelqoe peu brutale de notre gonvemement républicain?
La France n'était-elle pas envahie ? Allionsnous rendre à l'ennemi le service de nous diriser.?
A la bonne heure, et je n'y contredis pas ; mais lorsqu'on nous engage mamtenaiit à pratiquer jusqu'au bout cette théorie du silence, je m'inquiète pour la liberté.
N'abusons pas des dictatures; elles ressemblent beaucoup au despotisme et elles y mènent en se prolongeant L*unité plus apparente que réelle que Ton crée de la sorte, fournit une force qui, elle aussi, a plus d'apparence que de réalité.
Je crois à la liberté, je crois la liberté bonne en toutes circonstances, et plus ces circonstances sont graves, plus il importe, selon moi, que le pays soit consulté. Etrange doctrine, qui traite la liberté en suspecte et qui tient à sauver le pays sans elle!
Et sur quoi consultera-t-on un grand peuple, si l'on décide sans lui les questions qui l'intéressent le plus, des questions de vie et de mort ? Un peuple qui ne gouverne pas ses propres affaires, qui ne les gouverne pas surtout quand elles ont une gravité suprême n'est pas un peuple libre ; on lui donne peutêtre la république, on M refuse la liberté. D y a toujours de bonnes raisons pour ajourner la liberté, car de sa nature elle est gênante ; elle gêne, mais elle sauve.
 Dieu ae plaise que je veuille attaquer les hoBuiiefl oui ont acceoté dies imhib la loorde responsaliilité du gonvérnemeit Leur
tâche est difficile, les bons citoyens doivent les soutenir, leur refus de oonvoqjer les électemn me Ganse d'aiUeus moins de sinpitoe que de regrets. H est natarèl de redouter on nouvel embarras, lorsqu'on en a déjà beaucoup. Et puis, disons la chose carrément, il est naturel de craindre, lorsqu'on aime ardemment la forme républicaine et lorsqu'on pousse fortement à la guerre à outraneet de voir apparaître une France moins avancée Askna ses Drincioes. nwiM fflLaKée àsaka ga nassfcmgMRière»
La grande dittcnlté des électioos a ton* jours été celle-là. On aurait pu, même après le refus de Tarmiâtice^ accepter l'offre de M. de Bismarck, qui proposait de laisser foire partout les AecUons et cto laisser drenler les députés, y compris ceux de Paris, se rendant à rÂssemblée nationale; on aurait pu recourir à Tun des nombreux moyens qui ont été indiqués, et olitenir une représentatioii du pays, imparfaite sans doute, mais plus réelle que le vote par acclamation dont on a dû se contenter devant rbôtel de ville de Paris. Ce
Digiiizca by
qaVm somît pu, on ne Tapas fait, par la raison trèB-«mple que la France est soupçonnée
d'aimer la paix, pourvu que la paix soit honorable, et d'aimer médiocrement la république telle qu'elle se présente en général parmi nous. La république unîTerselle ^surtout, la république dë droit divin et de propagande, la république à introduire en Autriche, eu Prusse, en !Saxe, en Ba.Yière, en Danemark, en Suède, en Kussie, en Hollande, en Belgique, en Espagne, en Italie et en Angleterre, cette république qui est un dogme et à laquelle se rattachent les amis les plus ardents du régime actuel, ne trouverait pas beaucoup d'appui dans notre représentation nationale.
Ne pas consulter un pays sur ses plus grands intérêts parce qu'on pense qu'il voterait mal, c'est adopter la théorie même de la tyrannie. Sous ce prétexte à tout faire, ondéddera tant qu'im voudra de nous, sans nous, et, au heaom, contre nous. Que voulez-vous ? nous voterions mal !
. Le fait est que, d'ici à peu de semaines, notre avenir sera réglé : la France apprendra
ce qu'elle doit être et ce qu'elle va devenir. Llifiiire est Bapiême, ea e&t, et «ne £aiB laih céBdaasleooonBttroablédeBpiooédéB ré-
Yolutionnaires, nous ne nous arrêterons pas où nous voudrons. Nous changerons parfois de dictatures, voilà tout. Les perspectives du lélèvemeut libéral auront disparu de notre horizon.
Allez dire à des Anglais que le Parlement est bon pour les circonstanoes ordinaires, mais qu'en temps de crise U pourrait manquer d^énergie, et qull fuit voiler alors la statue de la liberté ! Ils répondront à ces belles phrases, à ces axiomes de salut public les temps de crise sont précisément t/em où les pei^les qui se respectent tiennent le plus à ne point laisser fiiire un pas, un seul, . sans leur expresse approbation.
Ck>ncevez-vous Lincoln renvoyant le congrès ou ajournant les élections parce quHine lutte mortelle est engagée, parce que les citoyens sont dans les camps, parce que la moitié du pajs est occupée par Tennemi, parce que cdui-d se trouve presque aux portes de Washington? Non, certes ; le congrès est là, l'opposition est là, les gènes de la liberté sont là. Mais sa force incomparable
lit
Ml là woÊdt et nm le ocnvièB, linoolii if aurait pas vamca.
Ceux qui ont eu peur des élections, ont trop oublié la force qu'eUes donnent : force pour tiBîter et force pour conibi^Are. Si la
lÏÏ
tes de llionneur national. Le jour où nos députés se trouveraient réunis, leur première déclaration serait contre rabanden de l'Ai- ■aee aox Alkmandw, la seconde pour la négo* dafion d*ane paix bonorable. Je ne crois pas que la guerre à outrance et le sombre avenir qu'elle nous prépare fassent précisément de knrgoAt; je ne crois pas que le lenonvellemoit de 1792 les sédoMt eatremeenre; maii ils seraient patriotes dans le meilleur sens du mot.
n enste deox patrieUsniM, 1IDII8 le fi^eiis bien depuis qaèlqueB mda. U y a oefad qui se
taisait ou qui approuvait bruyamment en juillet : nous loi devons toutes nos humiliations et tous nos désastres. H y a cekâ qui flétriMît en juillet la déidaiatm aeceptant les reprodus et les uiatliènieB t si l'on avait écouté celui-là, la patrie n'en serait pas où elle en est fikWHil laqMrtioii wpoie •iqoard'htti
lit
de nouveau entre les deux patrioUamep, eKactemeoteomme au moî8 de juillet n est un patriotîBme qui rêve une guerre
éternelle ; cela ne fait que commencer ; les nouveaux camps fourniront six cent mille lumunee; puis viendra autre choBe; tant quH y aura un Français en France, on le jet^ tera à la fournaise ! Qui sait ? La guerre localisée deviendra peut-être générale ; on se battra en 1871 plus encore qu'en 1870 ; noua anrona des batailles à liguer à une audre génération, sll y a une autre génAnlion après r tant de morts !
Les patriotes de la paix pensent que le salut de la patrie eat quelque chose, que llmmanité est aussi quelque chose et qu'il est - ^ , permis d'aspirer à la cessation des massa-
cres. Il ne leur est pas indifférent d'ajouter des désastres à nos désastres. Il leur semble fâcheux de créer nous-mêmes pour la Fraaice ce pérfl que les désastres ne créent pas, le . \- péril de perdre son rang parmi les grandes
puissances, à force de s'épuiser et de se dissoudre. Répétons une fois de plus qu'aucun d*enx ne prétondt les mains àunepaizdés- >- honorante. L'Allemagne ne doit pas s*y
tromper, la paix qui lui donnerait l'Alsaçeet
la Lorraine n'a pour elle chez nous ni une majorité ni une minorité : elle n'a personne. Plutôt que de la sabir, la France jetterait loin d^elle le fonrreaa de son épéeetl^orope verrait s'ouvrir l'ère sinistre, l'ère indéfinie où tout entière elle risgnerait de sombrer.
L'Europe ne sanra-t-elle pas s'interposer?
L'Allemagne ne saura-t-elle pas se modérer?
Une transaction est possible ; si nous n'en bisons pas notre programme fermement arrêté, si par notre faute le sang coule encore,
ce sang- là criera contre nous.
J'aime à croire qu'il n'en sera point ainsi L'heure est propice : l'héroïsme de la France ^ient de mettre son honneur militaire en sûreté ; celui de l'Allemagne ne court aucun risque et les garanties qu'elle cherche loi sont ofiertes. "
A rœuyredonc! Qu'au courage de combattre se joigne, chez nous, Français, le courage plus rare d'envisager notre situation telle qu'elle est et d'en accepter les conséquences.
Peut-être ce moment où Ton désespère estil celui où il faudrait se mettre à espérer.
iîA
(7«Bt quand on a toaèhé le fend de TaMme
qn^on remonte. C'est quand Tépreuve a été sentie et que le cbÀtiment a été compris que IVm rentre en soi-même et qa*on saisit le progrès.
Il nous fallait le feu de Tépreuve pour nous purifier et pour nous refondre. On sait comment nâquit ce noble métal, Tairain de Gorinthe : il sortit des flammes dHme^e prise par PennemL Dn sein de notre fournaise nationale, un airain de Corinthe sortira, je Tespère, lorsque les dons naturels de la Fiance auront été mêlés par cet embrasement vnc le sérieux de TEvangHe.
Comme la Prusse nouvelle est née de la défaite de léna, la France nouvelle peut naître du désastre de Sedan* 1606 est la grande datedelaPnisse;poarqnoil870ne deviendrait-il pas une des grandes dates de la France?