‹ La république neutre d'AlsaceChapitre 8 sur 9 · LE LUXEMBOURG · texte numérisé non relu

LE LUXEMBOURG

Lettre au JaurmU 4e ûWe^

Yàll^ym, U décembre.

Monsieur le Bédacteuj:,

A l'heure même où se terminait une cam-

pagne que j'ai été heureux de faire avec vous, un coup terrible était porté à notre projet de transaction. Loin de marcher vers la création d*an pays neutre, nous sommes menacés de Toir supprimer un de ceux qui existaient déjà. On me demande si la déclaration du comte de Bismarck, relative au Luxembourg, ne ndne pas par sa base cette xone neutralisée dont nous proposions Fachèvement et qui drit

former la garantie principale de la paix en Europe.

Void ma réponse:

'Ce qui est mi demeure yraî; ce qui est

jnste demeure juste ; ce qui est libéral demeure libéral. Si M. de Bismarck a agrandi et élargi la porte des gaerres an lieu de la fermer, si r Angleterre prête les mains à la destruction violente d'une neutralité solennellement proclamée, si notre vieux monde trouve bon d'être condamné à la guerre àperpétuité»

nous ne ponrzons assurément empêcher mie pareille catastrophe. Il n*en restera pas moins évident qu'une solution de paix et de liberté a été ofierte, qu'elle se trouvait à portée de la main,qall n'y avait qa*à la voi^ir pour ravoir.

D'ailleurs on désespère trop vite. Le traité qui stipule la umiraMtéperpétueUedu Luxembourg subsiste encore, grâce au cieL Quels qn^aient pu être les torts des Luxembourgeois (et il faut réprouver énergiquement cela), nous n'en sommes pas venus, je pense, à admettre la théorie du prince Gortschako£^ en vertu de laquelle une puissance vient déclarer un beau jour que tel traité ne Foblige plus, qu'il n'^te plus pour elle, parce

qu'il a subi des violations. En ce qui concerne spécialement les neatresi la théorie serait pleine de menaces et de périlB. Qnèi est le

neutre auquel on ne découvrira pas quelque tort, lorsqu'il conviendra à l'un de ses grands voisins de déclarer anéantie sa neutralité perpétuelle?

Non, je ne parviens pas à me persuader que nous soyons descendus à ce point. Je me prends à espérer au contraire que TEurope épontantée et avertie se serrera plus que jamais autour des neutres et ne permettra pas qu'on fasse la paix à leurs dépens.

La 2one neutralisée traverse une crise, cela est certain; qui sait si elle n'en sortira pas laABrmie et complétée ?

L'Europe est mise en demeure de choisir.

Ou le règne de la force, ou l'empire du droit; ou la neutralité, ou la conquête; du un avenir de paix, de progrès et de liberté, ou un avenir chargé de tels orages et livré & de telles violences que demain fera regretter aujourd'hui

LsB honunes qui dirigent FAliemagne ont aussi à choisir. Je erois avoir fait preuve envers eux d'une impartialité qui ne me sera pas pardonnée par tout le monde. Eh bien, je

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sens qu'en ce moment-ci une question juaqu*à présent irrésolne va recevdr pour moi

sasolutioD, ponr moi et pour beaucoup d'au* très. M. de Bismarck est-il un grand Allemand ou un petit Prussien ? A-t-il, comme je suis porté à le croire, le génie politique, on nVt-il que de l'habileté! lYayaille-t-il à con> stituer rAllemagne pour une magnifique mission conservatrice et paciûque^ou ne metil son talent qu'au service d\in militarisme ambitieux, remuant, menaçant pour le repos de l'Europe ?

On dirait, à voir sa dernière démarche, qu'il ait voulu battre en brèche Fidée de zone neutralisée qui commence à drcnler vaguement. Je n'affirme point qu'il en soit ainsi, et je pense qu'il ne tardera pas à atténuer un procédé dont la violence frappe tous les esprits. S'il en était autrement, nous serions forcés d'admettre qu'il cherche la guerre et non la paix, que la sécurité des frontières allemandes n'est qu'un prétexte, que ce qu'il redoute par-dessus tout, c'est une sécurité réelle, qui serait un obstacle aux guerres futures.

Plaignez les amis de la paix. Nouveaux &is7phes,ils roulent incessamment le rocher

qui retombe sans MBee et qui peat-étre les

écrasera quelque jour. Mais n'importe, ils ne se lassent pas, car ce rocher c'est la paix, c'est la liberté, c'est la dvilisatioiiy c'est Ta- Temr.EtpuB, ponrqooiperdrioiie-ixnis coaiage?Dîeaa-Ml cessé de régner t SU met le devoir devant nous, ne peut-il pas nous donner le succès par surcroît? Le sort de Sisypben'tst pas le notre; en dépit de quelques apparences, nous ne sommes pas tout à fait dans Tenfer païen.

Agréez, etc.

A. DE GlSPARI».

IfO

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