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LE MODE DÉLECTION DES SÉNATEURS

DISCOURS PRONONCÉ A LA CHAMBRE DES DÉPUTÉS

le il novembre 1896.

M. PAUL DESCHANEL. — Je demande à indiquer en deux mots pourquoi je ne puis voter la loi. Il y a ici une contradiction manifeste : M. Vaillant s'apprête à voter la proposition Guillemet avec tous ceux qui veulent supprimer le Sénat ou le réduire à un rôle purement consultatif; M. Trouillot, de son côté, déclare que son intention est de le fortifier. Évidemment, l'un ou Taulre se trompe : lequel des deux?

Quel est, dans un État républicain, l'objet d'une seconde Chambre? C'est de mettre la démocratie en garde contre les entraînements soudains , contre les mouvements passionnés et

violents, soit dans un sens, soit dans l'autre. (Interruptions diverses.)

Eh oui! messieurs, non pas seulement contre un choc révolutionnaire, mais aussi contre une agitation césarienne ou un mouvement de réaction tel qu'il s'en est produit en Belgique.

Dès lors, la question est de savoir si le collège d'où sort cette seconde Chambre doit être un collège spécial, formé accidentellement, ou s'il y a avantage à ce que ce collège électoral sorte de corps nommés pour d'autres objets ou d'autres fonctions? Or, les esprits les plus éminents, les plus expérimentés, parmi ceux qui ont traité le problème du suffrage indirect, se sont prononcés pour le second système contre le premier, notamment Stuart Mill et Laveleye... (Exclamations sur divers bancs.)

Oh 1 messieurs, je ne fais pas injure, je pense, à mon ami M. Trouillot, en disant que la philosophie politique de Stuart Mill est peut-être un peu plus étendue que la sienne ! (Interruptions sur divers bancs.)

M. LE RAPPORTEUR. — Pourquoi mc mettezvous en cause ? Je n'établis pas de concurrence.

M. PAUL DESCHANEL. — Il cst étrange qu'on ne puisse plus citer, devant cette Chambre, sur

de telles questions, l'opinion des plus illustres écrivains politiques de notre temps!

M. JAURÈS. — Mais si, parlez I Remplacez le Gouvernement ! M. Deschanel rappelle au Gouvernement qu'il }• a ici une question politique I

M. LE PRÉSIDENT. — Ycuillez ne j)as interrompre, messieurs.

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