LA CHAMBRE
Mais l'œuvre considérable dont je viens d'esquisser les principaux traits — et qui n'est rien de moins que l'organisation politique et économique de la démocratie républicaine — ces réformes qui vont au vif, à la racine des choses — car enfin, il ne suffit pas de répéter sans cesse : « Ni cléricalisme, ni collectivisme I » on ne gouverne pas avec des négations ; — ces réformes nécessaires resteront à l'état d'aspirations purement théoriques tant que nous n'aurons entre les mains qu'un outil faussé. M. Poincaré vous
le disait fout à l'heure avec la perspicacité de sa lumineuse intelligence, la première de toutes les réformes, c'est celle de l'instrument même des réformes, de la machine à faire les lois, de la Chambre des députés ; car, pas plus que nous n'avons la réalité du suffrage universel, nous n'avons la réalité du régime parlementaire.
Depuis vingt-cinq ans, nous en sommes à notre vingt-troisième ministre des Affaires étrangères, à notre vingt-neuvième ministre de l'Intérieur; c'est une moyenne de huit mois : je défie un ministre de génie, fùt-il Richelieu doublé de Cavour, de rien faire de grand dans de pareilles conditions I
Depuis les élections générales de 1893, la Ciiambre a tenu environ 450 séances ; savez-vous combien elle a discuté d'interpellations ? Plus de 200 1