‹ La République parthénopéenneChapitre 13 sur 31 · FERDINAND · texte numérisé non relu

FERDINAND

« Saint-Germano , le 22 novembre 1798. » (Extrait du Moniteur de frimaire an VII).

Pendant que toutes ces troupes s'avançaient sur Rome , Champion net ; général en chef des

républicains, évacuait cette ville, et concentrait ses forces ; en même temps Paris retentissait des cris de guerre ; de nombreux renforts descendaient à la hâte de la haute Italie pour augmenter les bataillons de Championnet , et le général Joubert déclarait au roi de Piémont, le complice de Ferdinand , qu'il avait cessé de régner; et tandis qu'au milieu de la nuit obscure et pluvieuse du 9 décembre 1 7 9 8 , ce prince , escorté par des dragons et des hussards républicains, éclairé par des torches funéraires, sortait de sa capitale (*) , le *ïii*8«toire français publiait l'arrêt qui lavait frappé et qui devait frapper aussi le roi de Naples.

« Citoyens représentais, écrivait le direc- » toire aux conseils, la cour de Naples vient de » mettre le comble à ses perfidies ; vous verrez » par les lettres des généraux Joubert et Cham- )> pionnet , que les troupes françaises , dans la » république romaine , ont été attaquées par » les troupes napolitaines; ainsi la modération » de la république n'a fait qu'accroître l'audace » de ses ennemis. Les détails qui vous seront » transmis vous convaincront que lune et

(*) Voyez Victoires et Conquêtes des Français, vol. 9. pag. 193.

» l'autre ont été portées à leur comble. Aujour- » d'hui le premier soin du gouvernement doit » être de prendre des mesures pour repousser » l'insolente attaque d'une cour parjure.

» Le directoire exécutif croit aussi devoir » vous déclarer que la cour de Turin, égale- » ment perfide , fait cause commune avec nos » ennemis, et couronne ainsi une longue suite » de forfaits envers la république française.

» Citoyens représentais , le directoire exé- » cutif ne dissimule pas que le danger est im- » minent , mai^rJ'énergie républicaine est en- » core plus grande à présent.

» Le directoire exécutif vous propose formelle- » ment de déclarer la guerre aux roix de Naples » et de Sardaigne. »

Signé Lareveillere-Lépeaux , président.

Lagarde , secrétaire (*) .

Le roi de Piémont expulsé, presque toute l'Italie prit fait et cause contre le roi de JNaples; car, à l'exception de la Toscane demeurée neutre, tous les autres états érigés en république avaient réuni leurs légions aux légions

(*) Message du ?.6 frimaire an VII aux conseils des Àuciens el des Cinq-Cents.

( »<>7 ) françaises, et le roi qui comptait sur les sympathies des Italiens , sur leur concours pour exterminer les Français avec le poignard (*) de l'assassin, ne recueillit de tant d'infamies que la honte de les avoir conçues et la malédiction de la postérité.

Cependant l'armée napolitaine avait occupé Rome , et le roi Ferdinand, s'annonçant comme le protecteur de la religion , le libérateur de l'Italie , fit son entrée triomphale dans la capitale de la chrétienté ; et aussitôt , malgré ses promesses solennelles de restituer au pape son état, il commença à le gouverner en son propre nom, à persécuter les républicains, à faire couler le sang et à spolier les musées et les églises.

Aux spoliations vandaliques du protecteur de la religion, à ces rapines qui dévoilent le penchant de la cour de Naples, répondaient les spoliations des officiers subalternes , de tous ceux qui , ayant acheté leurs places , trouvaient commode de s'indemniser de leurs déboursés d'un seul coup.

Mais au moment où le roi, enivré de ses faciles succès, s'occupait de détruire par ses

O Voyez page 82 , chapitre V.

( 408 ) décrets , la république romaine , les troupes napolitaines furent, grâce à leurs généraux et à leurs officiers, partout battues ou enveloppées dans des défilés , et tandis que Mack revenait a Rome pour semer la consternation et l'épouvante dans la cour, Rogier de Damas, le seul habile et intrépide parmi tant de généraux étrangers, quoique coupé, se couvrait de gloire h Orbitello , avec sa division , et confirmait cette ancienne maxime que les chefs seuls rendent les soldats. heureux et hardis (*).

A l'arrivée de Mack, le roi Ferdinand , menacé par Jes armes victorieuses des Français , menacé par une conspiration des patriotes romains qui visaient à s'emparer de sa personne , sortit précipitamment de Rome , se sauva à JNaples, laissa à Mack le soin delà retraite, et conduisit avec lui,, chargé de fers, le ministre

(*) Un seul général ennemi ( et c'était un Français ! ) avait montré des talens et du caractère ; c'est aussi le seul qui exécuta , aussi heureusement que possible , le mouvement rétrograde que lui commandaient les circonstances. .... Damas étant placé à l'arrière-garde , y reçut une blessure dangereuse. Les Napolitains, encouragés par l'exemple de leur brave chef, arrêtaient la marche des Français, etc. Voyez Victoires et Conquêtes des Français, vol. 9, pag. 217 et 218.

de la guerre Ariola , ce prophétique Jérémie , comme pour le punir de ses sages conseils qu'on avait dédaigné de suivre.

Ainsi se termina cette expédition fameuse , annoncée avec tant de fracas aux hommes et a Dieu'; ainsi se préparèrent par les folies des princes tous les désastres que nous devons raconter, désastres sur lesquels l'histoire jette un icrêpe funèbre.

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