CHAPITRE III
Evolution française. — Ses effets sur la cour et le peuple des Deux-Siciles.
La révolution française , préparée par l'intolérable despotisme de Louis XIV, le mépris qu'inspiraient les mœurs effrénées delà cour de son successeur , les embarras des finances sous Louis XVI , les souffrances du peuple, la violation des droits des parlemens, la haine contre les privilèges^ les écrits des philosophes, et le génie du siècle , la révolution française commença le 14 juillet 1789.
La chute de la Bastille fut le prélude de celle des trônes, et la poussière de ses ruines ,
soulevée par les vents, fut poussée sur la surface de la terre , connue le signe de la lutte engagée entre les Ilois et les peuples : lutte qui compte des morts, des misères, des crimes, mais qui a consacré un principe, celui de la souveraineté populaire , devant lequel s'est brisé le p-énie de l'homme destin , est tombée en trois jours une dynastie de huit siècles, et viendront échouer tous ceux qui le combattent ou le méprisent.
Le grand mouvement de la révolution française provoqua un cri d'alarme dans les cours de l'Europe \ en même tems qu'il ranimait l'espérance des peuples opprimés : et tandis que les Rois se coalisèrent pour la combattre , les hommes intelligent de toutes les contrées tournaient les yeux sur la terre menacée d'où était parti le signal de l'émancipation du monde , quand la convention nationale lit entendre ces mots retentissans : paix aux peuples , guerre aux Rois.
Or y parmi les peuples et les princes agités par cette grande révolu! ion , ceux des Deux-Siciles tiendront dans l'histoire une place célèbre, marquée par les plus douloureux souvenirs.
A la première nouvelle de cette révolution , il s'en lit une dans les mœurs , les modes et lès