‹ La résection chirurgicale des nerfs splanchniques (splanchnicectomie)Chapitre 14 sur 37 · ARGUS · texte numérisé non relu

ARGUS

maux en circulation croisée montrent que la stimulation des nerfs splanchniques de l’animal transfuseur augmente sa glycémie et celle de l’animal en symbiose, tandis que la section des splanchniques

arrête les effets glycémiques précédents.

Toutes ces expériences mettent en évidence le rôle hyperglycémiant de l'excitation des splanchniques chez l’animal normal. Inversement toute une série de recherches a été entreprise par d’autres auteurs dans le but d'étudier l’effet de l’attaque du système glycoformateur sur des animaux rendus diabétiques par

l'extirpation du pancréas.

— Ciminata, en 1927, montre que l’énervation des surrénales d’un chien rendu diabétique abaisse sa glycémie, fait disparaître sa glycosurie et augmente sa tolérance aux hydrates de carbone ;

— Takats (1933) confirme ces faits, soit par l’énervation bilatérale des surrénales, soit par surrénalectomie d’un côté et énervation de l’autre, soit par section tronculaire des splanchniques et des connexions nerveuses entre les surrénales et le ganglion cœæliaque ;

— telles sont égaiement les conclusions de Sundberg, Gallion et Gayet après surrénalectomie. Celles de Rothlin et Moretti qui, eux, attaquèrent le système adrénalinosécréteur par l’ergotamine (ce qui revient au même puisque l’ergotamine est un paralysant du sympathique) ;

— enfin, et l’opinion de cet auteur est intéressante

puisqu'il se pourrait qu’elle ouvre un plus grand avenir à la chirurgie des nerfs splanchniques, Perrotti constate qu'après diabète expérimental la surrénalectomie unilatérale, bien que faisant baisser dans de fortes proportions la courbe glycémique et améliorant le diabète, n’a des effets que temporaires par hypertrophie compensatrice de la glande restante, et que leffet de l’énervation bilatérale (section des

splanchniques) a une durée beaucoup plus longue.

Tels sont les résultats expérimentaux. Nous verrons (1) qu’utilisant ces données, Donati, Corachan, Simarro. Giordano confirment chez l’homme diabétique l’influence de l’énervation des surrénales sur le métabolisme des hydrates de carbone et augmentent la sensibilité de leurs malades à l’insuline (2).

Tous ces faits tendent à montrer qu’il existe une véritable dualité hormonale antagoniste dont l’équilibre règle le métabolisme des hydrates de carbone

dans l’organisme :

— Le vague et le pancréas assurant les fonctions hypoglycémiantes.

— Le sympathique et la médullo-surrénale assurant la fonction hyperglycémiante (3).

Si l'équilibre harmonieux de ces deux fonctions

assure la régulation des sucres, il n’en reste pas

(1) Voir IIe partie, chap. III.

(2) Et cependant de nombreux auteurs ont contesté ces résultats (Formiguéra, Turcatti, Viale, Gondard, Livraga)..

(3) Et probablement par l’intermédiaire d’une troisième hormone (glycémine) sécrétée par le foie.

DT

PA

moins que « l'équilibre altéré de ces deux ensembles neurohormoniques conditionne les deux types fondamentaux du métabolisme altéré des hydrates de carbone : l'hypo et l'hyperglycémie, chacune pouvant résulter soit de la prédominance d'un système, soit de l'insuffisance du système antagoniste » (Cesa-Bianchi). x Ainsi tout ce qui atteint le système vagopancréatique favorise l’action hyperglycémiante du système surrénosplanchnique. Et tout ce qui lése le système surrénosplanchnique augmente la tolérance aux hy-

drates de carbone et accroît la sensibilité à l’insuline.

Toutes les indications de la chirurgie des splanchniques dans la cure des diabètes insulino-résistants est expliquée par la dualité de ces fonctions anta-

gonistes (1).

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