B. — AUTRES RÔLES SÉCRÉTOIRES
1° Pour en finir avec le rôle hyperglycémiant des
perfs splanchniques, signalons que ce nerf contien-
(1) La question est d’ailleurs plus complexe encore. Il y aurait non seulement dans l’organisme une action de l’adrénaline sur l’état de la glycémie, mais également une action de l'hyperinsulinémie sur l’excrétion de l’adrénaline. Houssay et Molinelli ont montré sur des animaux en circulation croisée, qu’en injectant de l’insuline au premier animal, on provoque chez ce dernier de lPhypoglycémie, ce qui est normal, et de l’hyperglycémie chez l’animal en symbiose. Ainsi l’hypoglycémie produirait une excitation des centres nerveux adrénalino-sécréteurs et déclancherait par la voie des splanchniques, une décharge adrénalinique. Et de fait, cette hyperglycémie du transfusé ne s’observe plus si on sectionne les splanchniques de l'animal transfuseur.
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drait des fibres glycosécrétoires directes (Mac-Léod, Ruth).
Ainsi de même que le rôle régulateur de la tension artérielle des nerfs splanchniques était double, à la fois direct et par l’intermédiaire de l’adrénalino-sécrétion, de même le rôle glycorégulateur de ces nerfs apparaît double, et par un mécanisme semblable : à la fois direct glycogénolytique, et par l’intermédiaire de l’adrénalino-sécrétion.
Ce qui le prouve c’est que la section du grand splanchnique droit et la ligature de la veine surrénale gauche n’empêchent pas de facon absolue la glycosurie de se produire après la piqûre diabétique.
Mais ce qui prouve que l’action glycorégulatrice se fait cependant surtout par voie hormonale c’est qu’elle persiste sur des animaux à foie et à pancréas énervés:
2° Les nerfs splanchniques interviendraient encore de façon toute accessoire dans certaines sécrétions :
— sécrétion gastrique : où ils joueraient un rôle régulateur (Gaultier). L’excitation des nerfs splanch-. niques déterminerait une sécrétion gastrique de liquide épais, muqueux, alcalin (Baxter) ;
— sécrélion externe du pancréas ;
— fonction biligénique du foie.
Telles sont les fonctions complexes des nerfs
splanchniques. En fait, toutes ne sont pas d’un inté-
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rêt pratique de premier plan. Nous voulons parler des fonctions sensitives ou motrices ou encore de ses fonctions sécrétoires autres que la surrénalienne. Et pour le médecin comme pour le chirurgien, sont seules vraiment intéressantes à retenir les fonctions vasomotrices et hyperadrénalinémiques. Le nerf splanchnique est un nerf essentiellement vasoconstricteur et hyperglycémiant. Et s’il détermine ses effets par voie directe, c’est avant tout par le mécanisme de la sécrétion médullo-surrénale qu’il agit. Le nerf n’agit pas seul, mais en étroite synergie avec la médullaire surrénale. Et ceci n’est pas pour nous surprendre : la médullaire surrénale ne représente-t-elle pas une annexe embryologique du système nerveux végéta- HO)?
Les voies du système adrénalino-sécréteur.
Le mécanisme régulateur de la tension artérielle peut, avons-nous vu, être considéré comme résultant de l’action combinée et antagoniste maïs équilibrée du système surréno-splanchnique et du système fréiateur.
De même, le mécanisme glycorégulateur peut être considéré comme résultant de l’action combinée et antagoniste, mais également équilibrée de ce même système surréno-splanchnique et du système hypoglycémiant vague-pancréas.
(1) Embryologiquement, la médullaire surrénale est une émanation du sympathique abdominal qui est invaginé dans la corticale.
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Ainsi, que ce soit l’équilibre tensionnel ou l’équilibre des hydrates de carbone, c’est par un véritable circuit que les influx nerveux se tranmettent pour finalement s’équilibrer. Et dans le cas où l'équilibre est détruit au profit d’un des systèmes, c’est en interrompant l’arc antagoniste que l’on peut espérer faire cesser l’action pathologiquement prépondérante du système primitivement perturbé.
Tournade et Chabrol ont montré avec Wagner les voies physiologiques du système qui nous occupe. Elles empruntent depuis la région infundibulaire et la région bulboprotubérantielle successivement des voies dans la moelle, les racines antérieures des dix dernières paires thoraciques et de la première lombaire, puis la chaîne sympathique et le tronc des splanchniques peur aboutir aux éléments chromaffines.
Pour diminuer la sécrétion adrénalinienne, on peut donc chercher à supprimer plus ou moins complètement l’organe glandulaire ou diminuer sa vascularisation, soit chercher à interrompre l'arc réflexe, à énerver la glande.
Ce dernier procédé, bien différent chirurgicalement du premier, n'est-il pas tout à fait analogue physiologiquement puisque nerf sympathique et glande forment un véritable couple neuro-endocrinien ? Ne serait-il même pas préférable -puisque, pour reprendre le mot de Tournade et Chabrol « dans cette véritable coopération fonctionnelle qui en résulte,
c'est le nerf qui assume le rôle directeur ; l'hormone
est une véritable vassale qui n’est sécrétée que par son ordre, n'agit que par son intermédiaire ».
C’est ce que nous allons exposer dans le chapitre
suivant.