‹ La résection chirurgicale des nerfs splanchniques (splanchnicectomie)Chapitre 21 sur 37 · BTE · texte numérisé non relu

BTE

Elle est pratiquée le 30 janvier 1936, par le DT Wertheiïmer. Le splanchnique est coupé. La presque totalité du ganglion semi-lunaire droit est disséquée et enlevée. La surrénale droite est macroscopiquement normale. La surface du rein droit présente des lésions cicatricielles.

Au cours de l'intervention, la tension artérielle, qui était au début de 21, tombe après la rachi-anesthésie à 17, puis progressivement à 15, 13, et 12. L’excitation du splanchnique n’amène aucun redressement de la tension artérielle.

Les suites opératoires sont bonnes, mais la tension artérielle remonte progressivement les 2€, 3e et 4e Jours, pour atteindre 18 au 5€ jour. Depuis lors, elle s’est fixée approximativement à ce chiffre.

Les céphalées sont presque inexistantes, mais la vue n’est pas améliorée.

Le 24 février, des examens humoraux sont pratiqués : glycémie : 1 gr. 77 0/50 ; azotémie : 0 gr. 30 0/5 ; sérine : 43 0/6 ; globuline : 34,8 0, ; rapport sérine-globuline : 1,24.

La malade repart chez elle en convalescence. Elle est revue en juillet 1936.

La tension artérielle prise au Gallavardin est de 18-13 ; au Pachon, elle n’est plus que de 22-13, avec une pression moyenne de 15 environ. L'indice oscillométrique est de 4,5.

L'examen oculaire montre une progression constante des lésions de l’œil gauche.

L’œdème rétinien est augmenté surtout du côté nasal. Les veines sinueuses y sont noyées. Les artères sont de plus en plus brillantes et cuivrées, elles écrasent sérieusement les veines. Il n’y a pas d’hémorragie, ni d’exsudats (Prof. Bonnet). La tension de l’artère rétinienne est à 110. L’œil droit a toujours le même aspect. La tension de l’artère rétinienne est de 100.

L'examen humoral nous montre une azotémie à 0 gr. 43 p. 1000 et une glycémie à 1,10 p. 1000.

La malade a beaucoup engraissé pendant sa convalescence. Depuis ces deux interventions, elle n’a pas présenté de nouvelles éclipses cérébrales. Son état neurologique cost stable.

Aux membres inférieurs, il y a une vivacité des réflexes rotuliens et achilléens qui sont égaux des deux côtés. Le Babinski est positif des deux côtés. Il n’y a pas de troubles. de la sensibilité. La marche est possible avec une canne.

Aux membres supérieurs, la réflectivité est également vive, sans trouble de la sensibilité. Il y a une grande maladresse du bras gauche. Les réflexes cutanés abdominaux ne sont pas obtenus.

A la face, il y a une parésie faciale gauche. Le voile du palais est légèrement parésié à droite, avec une hypoesthésie vélo-pharyngée. Il n’y a pas de paralysie oculaire.

Les accès de rire et de pleurer ont toujours la même fréquence.

Au cœur, on perçoit toujours l’éclat clangoreux du 2e bruit. Le cœur, suivi par différents orthodiagrammes, n’a pas varié de volume.

La diurèse est toujours la même. Il n’y à ni sucre, ni

albumine dans les urines.

Telles sont les observations de splanchnicectomie pour hypertension artérielle que nous avons pu recueillir. Il faut y joindre ies deux observations (XVI

et XVID de Durante qui montrent une chute impor-

RO

tante de la tension artérielle après l’opération et qui figurent au chapitre suivant.

Tout dernièrement nous avons eu la chance de pouvoir encore recueillir de notre maître, M. le Docteur Baumgartner, une récente observation de splanchnicectomie pour-hypertension artérielle. Cette observation sera sans doute publiée un jour par lui. Mais il nous a autorisé à la faire figurer dans ce travail malgré le peu de recul qui ne nous permet pas d'apprécier de facon définitive les résultats de lopé-

ration.

OBsERVATION XV (Baumgartner).

Femme de 52 ans, de constitution plutôt forte. Deux enfants. Pas de fausses couches. Ménopause à 50 ans. Rien de notable dans ses antécédents personnels. Mère morte à 76 ans d’hémiplégie.

Cette femme se plaint de troubles divers depuis 7 ans : céphalée, étourdissements, vertiges, troubles visuels, vomissements parfois. La tension artérielle prise au début de ces accidents (à l’âge de 45 ans) était de 24 em. comme maxima. La céphalée persiste pendant 3 ans puis s’atténue et s’amende et la malade depuis 4 ans ne s’en plaint plus. Mais les autres troubles ont persisté. Pendant cette période l'hypertension fut régulièrement croissante pour finalement atteindre le chiffre de 33-15 quand elle entre à l’Hôpital de la Pitié, dans le service du D' Harvier, en mars 1936. À noter en novembre 1934 l’apparition d’une hémiparésie gauche qui rétrocède rapidement mais qui laisse de façon définitive un réflexe cutanéoplantaire en extension de ce côté.

En mars 1936, quand on l’examine, on est en présence d’une femme petite, pesant 70 kilogrammes. Elle se plaint de troubles visuels, d’étourdissements, de vertiges et même de fourmillements dans la main droite. Elle présente des troubles vasomoteurs persistants localisés dans la région périthyroïdienne. Le pouls est ralenti à 60. On ne note pas de signes de sclérose artérielle. Le cœur gauche est gros, lPaorte légèrement élargie. La tension artérielle à 33-15, le fonds d’œil normal.

Les autres appareils sont normaux.

Les réactions pratiquées donnent les résultats suivants : urines normales ; urée sanguine 0,30 ; constante 0,09 ; cholestérol 2,50 ; glycémie 0,85 ; signes du lacet : positif ; temps de saignement : 4 minutes et demie ; temps de coagulation : 12 minutes.

Une radiographie du crâne montre que la selle turcique est normale.

Après repos au lit pendant un mois et 6 séances de radiothérapie hypophysaire, la tension est de 27-14.

On décide de faire alors des séances d’irradiations surrénales. Celles-ci n’ont aucune influence sur la tension artérielle (29,5-13,5 après 10 séances).

C’est alors qu’on propose une résection des nerfs splan- -chniques. L'opération est acceptée et exécutée le 18 juillet 1936 (Dr Baumgartner : Résection des nerfs grand et petit splanchniques et des filets abordant le bord interne de la surrénale).

Les suites sont des plus simples et la malade sort de l'hôpital le 2 septembre. Voici les modifications tension-

nelles observées :

Léimatim de opération 2.25 LR eue 26 -13 Pendant l’anesthésie (éther)................. 25 "18 Après découverte de la surrénale gauche...... 20. -10,5

(surrénale normale)

Après découverte des nerfs splanchniques

DAUCRES LRU eee TE RER EN ARE 19,5-10,5 Cinq minutes après la section de ceux-ci ..... 17,5-10,5. Dix minutes A TE NT 16,5-10,5 Quinze minutes ST TC ROUE: 16,5-10,5 Le lendemain matin NE EE 20,5-12 Le surlendemain NO ES Tee 21,5-13

Pendant les jours suivants la tension artérielle a tendance

à s’abaisser. Nous notons :

3 jours après l'opération. ........, 21,5-10,5 4 jours ENT S ARPER RE ME NS 5 jours TR M None 20 -11 10 jours AMP EEE 18 -10 15 jours = LM SA MIA 1764-10

Mais ce n’est là qu’une fausse stabilisation. En effet, la tension ne tarde pas à remonter progressivement : 22-12 un mois après, puis 23-10. Au bout de quatre mois, quand nous revoyons la malade, la tension atteint 29-12.

Certes, il serait prématuré de tirer dès maintenant des conclusions de ce cas. Néanmoins, il apparait que la résection des nerfs splanchniques gauches a eu un effet manifeste et heureux sur l'hypertension de cette malade, mais que cet effet a été très transi-

toire. Peut-être M. Baumgartner envisage-t-il de faire

une résection bilatérale ou une surrénalectomie par-

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