‹ La résection chirurgicale des nerfs splanchniques (splanchnicectomie)Chapitre 27 sur 37 · TAME · texte numérisé non relu

TAME

p. 1.000, HCI libre 0,91, HCI combiné 1,09, acides de ferment 0,92.

Résection du trone du grand splanchnique droit (17 juillet 1927) au-dessous de la réunion des racines 6e, 7e et 8e. Trois semaines après l’opération : à la radioscopie : estomac ptosique mais tonique, péristaltisme puissant, évacuation dans une heure et demie. Suc gastrique : acidité totale 2,92 p. 1.000, HCI libre 1,27, HCI combiné 1,09, acides de ferment 0,96. Rappelée, la melade, dix mois après l'opération, présente à la radioscopie : estomac tonique, un peu ptosique péristaltisme efficace, évacuation en moins de quatre heures. Suc gastrique : acidité totale 1,80 p. 1.000, manque d’HCI libre, HCI combiné 0,92, acides de ferment 0,88, pepsine 2 p. 100.

ORSERVATION X XVII (Piéri).

Femme de 32 ans (5 enfants). Depuis quatre ans, troubles digestifs améliorés par le traitement médical, qui se sont reproduits il y a six mois ; cette fois le traitement médical a échoué. Pesanteur et douleurs épigastriques après les repas, quelquefois vomissements. Douleur peu vive et clapotage à la palpation de l’épigastre.

Radioscopie : estomac ample, atonique, grande courbure à trois doigts sous la crête iliaque, péristaltisme très faible, évacuation en six heures. Suc gastrique : acidité totale 2,73 p. 1.000, HCI libre 1,09, HCI combiné 0,90, acides de ferment 0,54, pepsine 4 p. 100.

Résection des racines 6e, 7e et 8€ du splanchnique droit (7 septembre 1927). Quinze jours après l'opération, à la radioscopie, estomac encore ptosique mais tonique, péristaltisme vivace, évacuation en une heure. Suc gastrique :

Vire

acidité totale 2,37 p. 1.000, HCI libre 1,09, HCI combiné 0,73, acides de ferment 0,55, pepsine 3 p. 100.

OBSERVATION X XVIII (Piéri).

Jeune femme de 23 ans. Depuis quatre ans, manque d’appétit, pesanteur épigastrique, après les repas et souvent vomissement ; pyrosis, Constipation (chaque trois ou quatre jours une selle) ; douleur vive et clapotage à la palpation de l’épigastre.

Radioscopie : estomac profondément atonique, dilaté, ptosique ; péristaltisme très superficiel ; après six heures, la moitié du repas baryté est encore dans l’estomac. Suc gastrique : acidité totale 2,60 p. 1.000, HCI libre 1,73, HCI combiné 1,05, acides de ferment 0,82. Laparotomie exploratrice (30 janvier 1928) : pas de lésion organique, estomac ample ; résection du tronc du grand splanchnique droit.

Trois mois après l’opération : estomac encore un peuhypotonique, péristaltisme vivace, évacuation en cinq heures. Suc gastrique : acidité totale 2,50 p. 1.000, HCI combiné 1,00, acides de ferment 0,71, pepsine 5 p. 100.

OBsERvATION XXIX (Piéri).

Femme de 27 ans (3 enfants, 2 avortements), dyspeptique depuis deux ans ; depuis quelques mois, la digestion est douloureuse ; appétit bien conservé ; douleur à la palpation de l’épigastre.

Radioscopie : estomac atonique, ptosique, péristaltisme très faible, douleur diffuse à la pression sur l'estomac, qui se vide très lentement (après sept heures résidus abondants

he

du repas baryté). Sue gastrique : acidité totale 2,%5, HCI libre 1,30, HCI combiné 1,09, acides de ferment 0,56.

Laparotomie exploratrice (24 février 1928) négative pour la présence de lésions organiques, sauf la ptose. Résection du tronc du grand splanchnique droit.

Rappelée trois mois après l’opération, la malade se porte assez bien, plus de troubles pendant la digestion. Radioscopie : estomac à siphon, péristaltisme bon, évacuation complète en cinq heures. Suc gastrique : acidité totale : 2,62 p. 1.000, HCI libre 1,23, HCI combiné 0,75, acides de ferment 0,70, pepsine 4 p. 100.

OBsERvATION XXX (Piéri).

Femme de 49 ans (9 enfants). Depuis quinze ans, constipation (trois, quatre jours sans selles). Il y a quatre mois, colique interprétée comme appendicite ; depuis lors, le cadran inférieur droit de l'abdomen est le siège de troubles douloureux. Aggravation de la constipation (sept, huit jours). Rien d'objectif, sauf douleur peu vive et diffuse à la palpation de la fosse iliaque droite. Radioscopie : dilatation du cæcum et de l’ascendant avec stase : le repas baryté après quarante heures n’a pas encore franchi l’angle droit du côlon.

Laparotomie à droite et appendicectomie (23 avril 1927). Résection des deux racines du petit splanchnique et de la racine inférieure (9€) du grand splanchnique.

L'effet immédiat est bon : pendant le séjour à l'hôpital (jusqu’au 7 mai), la malade a une selle par jour.

Rappelée cinq mois après l’opération, on constate une amélioration : les douleurs ont disparu, l’intestin est encore

un peu paresseux, une selle tous les trois jours.

Radioscoïpe : le repas baryté après huit heures est dans le cæcum et l’ascendant un peu dilaté, après vingtquatre heures il est à la moitié du transverse, après quarantehuit heures il est à l’angle splénique, après soixantedouze heures il est à l’anse sigmoïde et la malade a eu une

selle.

OBsERVATION XXXI (Piéri).

Jeune femme de 20 ans. Depuis huit mois, douleurs peu intenses et presque continues dans le cadran inférieur droit de l’abdomen ; constipation (parfois jusqu’à huit jours sans selles) ; à la palpation, douleur vive et diffuse dans la région du cæcum. Radioscopie : après cinq heures, le repas baryté remplit le cæcum et l’ascendant (cæcum météorisé douloureux) ; après vingt-quatre heures, le repas est arrivé au descendant, après trente-deux heures, il est dans l’anse sigmoide (pas de selles).

Laparotomie droite (22 juillet 1927) et appendicectomie : l’appendice paraît normal. Résection des racines du petit splanchnique de droite (10€ et 11€ dorsales).

Trois semaines après l’opération, laradioscopie démontre: cæcum et ascendant encore un peu dilatés, non douloureux, après douze heures le repas est dans le transverse et en partie dans l’anse sigmoïde.

Les résultats se maintiennent bons après dix mois : pas

de douleurs, presque tous les jours une selle.

OBsERvVATION X XXII (Piéri).

Angela B..., 28 ans, ménagère. Entre le 15 juillet 1930.

Opérée quatre ans auparavant d2? colopexie parce que pré-

sentant depuis longtemps des troubles de la fonction intestinale.

Examen clinique et radiologie : très grave état d’atonie gastro-intestinale. Pression artérielle : 11,5-8 ; 21 juillet, résection du grand splanchnique droit. Amélioration. Pression artérielle après opération : 11-8. En juin 1932 : 10,5-6.

OBSsERVATION XXXIII (Piéri).

Maria de M.., 19 ans, ménagère. Entre à l’hôpital le 20 juillet 1931, souffrant depuis deux ans de troubles digestifs, non améliorés par le traitement médical. L’examen radiologique montre une grave atonie gastrique. Tension artérielle : 13-7.

Le 22 juillet 1931 : résection du grand splanchnique droit. Amélioration. Un an après : tension artérielle : 12-7.

OBSERVATION XX XIV (Piéri).

Savina P..., 48 ans, ménagère. Entre le 9 septembre 1931. Souffrant depuis un an de troubles gastriques persistants. L’examen radioscopique montre une atonie très marquée de l’estomac avec retard à l'évacuation. Tension artérielle : 13-8. Résection du grand splanchnique droit. Un an après, tension artérielle : 12-8. Amélioration.

D'une façon générale, on peut dire que les résultats opératoires ont répondu à l’espoir que Piéri avait fondé sur eux. Pour l’estomac, il a obtenu une augmentation du tonus et l’amélioration de l’évacuation. Pour l'intestin, il a constaté une amélioration de la

fonction péristaltique.

1120 = Ce sont également les conclusions de Crile qui dit

avoir obtenu de bons résultats dans plusieurs cas de

constipation chronique.

20 Traitement de l’ulcus gastrique.

Crile a pratiqué l’énervation unilatérale ou bilatérale pour 36 cas d’ulcères gastriques, soit ayant récidivé après gastro-entérostomie, soit ayant déjà été traités après résection. Il a obtenu plus de 90 % de guérison ou d'amélioration par ce procédé. Il pense en effet qu’une des raisons du développement des ulcères réside dans le spasme pylorique qui empêche l'évacuation gastrique. Les malades qui développent ainsi des ulcères sur un fond d’hyperacidité gastrique ont un pylore soumis à une stimulation exagérée de la part du système sympathique. L’énervation surrénale, en entraînant une modération du fonctionnement sympathique, permet au sphincter pylorique de se relâcher. Ainsi par l’évacuation normale de l’estomac est évitée la stagnation d’un liquide hyperacide sur la muqueuse stomacale. Cette théorie est très plausible. Celle de Leibovici également qui a émis l'hypothèse que l’ulcère gastrique était une forme de la thrombo-angéite oblitérante des artères de l’estomac. Quoi qu’il en soit, bornons-nous à enregistrer les

succès de Crile.

J. BRÉHANT 9

30 Traitement des crises gastriques douloureuses.

On a encore préconisé la résection des splanchniques contre les crises gastriques douloureuses, en particulier celles du tabès, soit pour supprimer la sensibilité de l’estomac (Jean), soit pour combattre la vaso-constriction qui accompagne habituellement ces crises (1).

En fait, nous ignorons presque tout du mécanisme de ces crises. Sont-elles imputables à la méningoradiculite postérieure ou à une lésion périphérique ? Quel est le rôle vaso-constricteur splanchnique ? Autant de questions discutées à l’heure actuelle. Cependant certains chirurgiens ont obtenu des résultats intéressants, soit par l’énervation gastrique (Hamant, Bodart et Chalnot), soit par l’extirpation du splanchnique et du ganglion semi-lunaire (4 cas de Jiano).

Toutes ces observations, trop peu nombreuses, sont intéressantes. Peut-être faudrait-il, à la radicotomie postérieure directe (opération de Fôerster) ou indirecte (opération de Fraänke) ou à la gangliectomie rachidienne dorsale (opération de Desmarets) préférer la splanchnicectomie, que celle-ci agisse sur l’élément initial ou réflexe de la crise douloureuse et que cet élément soit d’ordre vaso-constricteur, tonique ou sensitif ?

(1) Voir également plus loin les indications de l’anesthésie des splanchniques dans le traitement des syndromes douloureux solaires.

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