LES
Pour répondre à cette question, MM. ViraLLiEr et TIGAUD [71] ont étudié les variations de la sensibilité à l’isoniazide de 9 souches peu sensibles à l'INH, sous l'influence d’une association streptomycinique. Une indifférence totale de cette association fut notée dans 6 cas ; par contre, pour trois souches, l'emploi simultané de la streptomycine et de l’isoniazide se montre légèrement supérieure à l’action de l’antibiotique le plus efficace employé isolément. Cette différence minime peut s’expliquer par le fait que les souches utilisées provenaient de sujets récemment traités, et contenaient une population bacillaire dont la sensibilité divergeait légèrement à l’égard des deux antibiotiques, expliquant ainsi la meilleure action de l’association streptomycine-isoniazide.
ViALLIER et Mlle CAYRE [66] ont répété des expériences similaires pour le P.A.S.. Ces auteurs étudient les effets de l’adjonction d’acide para-amino-salicylique aux doses de 0,05, 0,01 et 0,2 y par cm3 sur la croissance de souches en milieu isoniazidé (de 0,05 y/cem3 à 20 y/em3). Huit souches résistantes à 10 y/em3 d’'INH, huit souches ayant une serisibilité diminuée à cet antibiotique et deux souches sensibles furent utilisées. Les résultats furent les suivants :
Pour les bacilles résistants à l’isoniazide, l’adjonction de P.A.S. au milieu de culture n’a pas modifié la croissance de six souches, poussant normalement à une concentration de 10 y d’INH par em3. Deux souches cependant ont vu leur sensibilité augmenter de 10 y à 5 y/cm3, pour des concentrations en P.ASS. de 0,1 y et 0,2 ;/em3. Pour les autres bacilles ayant une sensibilité diminuée à l’isoniazide, la concentration minima d'INH inhibant toute croissance bacillaire a été abaissée dans certains cas par l’adjonction de P.A.S. au milieu de culture, mais d’une manière irrégulière et jamais systématique. Ainsi la sensibilité du bacille n’a jamais semblé diminuer sous l'influence du P.AS. Par contre dans les cas rares où le P.AS. agissait favorablement, l’action exercée resta légère et ne rendit pas sensibles les bacilles résistants dans la zone de concentration habituellement utilisée.
VARIATIONS DE LA SENSIBILITE DES SOUCHES ISOLEES DE L'EXPECTORATION DE MALADES EN COURS DE TRAITEMENT
Compte-tenu des difficultés d’étude de la variation de la sensibilité des germes au cours du traitement, nous avons pu réunir un ensemble de 85 malades, chacun ayant eu au moins deux déterminations de la résistance pendant la durée de la cure isoniazidée. Nous avons suivi 70 adultes et 15 enfants. Nous croyons devoir opposer ces deux groupes de malades d’une facon formelle.
Parmi les 15 enfants que nous avons suivis, 13 présentaient des primo-infections tuberculeuses de traduction ‘clinique variable (simple virage de la cuti-réaction tuberculinique avec adénopathie trachéo-bronchique, compliquée ou non de fistulisation endo-bronchique), maïs
. d'évolution bénigne. Jamais il ne fut observé dans ce groupe de processus caséeux graves ou d’excavation du chancre de primo-inoculation. Ces enfants, après avoir reçu une dose d’isoniazide comprise entre 8 et 12 grammes, furent
. rendus à leur famille en parfaite santé, sans que leurs bacilles aient acquis une isoniazido-résistance. Quoique nous ayons vu antérieurement que le passage par le cobaye ne modifie pas la sensibilité des bacilles, nous devons signaler que la plupart des souches ont été isolées chez les enfants par inoculation.
Deux petits malades au contraire devinrent résistants à l'isoniazide. L'un présenta une primo-infection avec adénopathie trachéo-bronchique ; après l’absorption dans un autre service d’une quantité non précisée mais assez importante d’isoniazide, après un mois de traitement, ce malade fournit des bacilles résistants à 20 ÿ d’'I.N.H. Le deu-
xième malade, dont les bacilles devinrent insensibles à l’action de lisoniazide, avait reçu une dose totale de 10 grammes de médicament. Cliniquement, cet enfant était atteint de tuberculose hématogène bronchopneumonique évoluant vers la caséification progressive. Bien que résistant bactériologiquement, l’amélioration fut spectaculaire sous l'influence de V'IN.H. Sous l'influence d’un traitement antérieur, une streptomycino-résistance s’était développée, supérieure à 100 ;/cm3. Enfin, de même que KLEE, nous n'avons jamais observé de primo-infection à bacilles d’emblée isoniazido-résistants.
Nous insisterons donc sur la rareté de la résistance à PFIN.H. chez l’enfant atteint de primo-infection tuberculeuse. Ce phénomène semble devoir être expliqué par le caractère particulier des lésions dans ce stade de l’infection bacillaire. L’un des deux enfants ayant présenté une résistance à la thérapeutique était atteint de tuberculose caséeuse excavée, tout à fait comparable aux lésions de type tertiaire rencontrées avec le maximum de fréquence chez l’adulte.
C’est ce deuxième groupe de malades que nous allons maintenant étudier. Après avoir analysé dans une première partie les conditions cliniques et les modalités thérapeutiques rencontrées chez les 70 sujets suivis, dans une deuxième partie synthétique, nous essayerons de mettre en évidence les facteurs présidant à l’apparition de l’isonia- Zido-résistance.
|. — Etude analytique.
Sur l’ensemble de 70 malades, nous avons observé :
— 30 isoniazido-résistances,
— 29 sensibilités persistantes.
Enfin 11 malades présentèrent des bacilles dont la sensibilité se maintint comprise entre 1 et 5 y d'IN.H. par cm3, sensibilité correspondant au seuil d’alarme de CoLETsos.