PREMIÈRE PARTIE
Effets immédiats et éloignés de la suppression fonctionnelle d'un poumon chez les
animaux à sang froid (Chéloniens).
S I. — Technique.
La suppression fonctionnelle d’un poumon chez la tortue terrestre (Chéloniens Testudo marginata Schôpfer (1) est d'une réalisation facile. Chez ces animaux, ainsi que nous l'avons déjà indiqué, la trachée se divise en effet hès haut, en deux bronches, qui, s'écartant de la ligne médiane, pour gagner les régions latérales du cou, sont d'un accès immédiat, au travers d'une courte incision des téguments, Une bronche étant ainsi mise à nu, rien n'est plus simple que de réaliser par une légère compression de cette bronche la suppression fonclionnelle totale el temporaire du poumon correspondant ; rien n'est plus
simple également que de rendre cette suppression foncê l PI
étermination faite par M. Liennarr, de la faculté des Sciences, 1) Dét t faite par M. I le la faculté des S auquel nous adressons ici nos remerciements.
tionnelle définitive par la ligature de la bronche, suivie d'une suture des téguments, opération bénigne et parfaitement supportée par l'animal.
Pour la commodité de l'expérimentation l'animal en expérience est immobilisé, mais de telle façon que les mouvements de la tête et des membres soient absolument libres : il importe en effet de laisser ceux-ei contribuer effectivement à la production des mouvements respiratoires, et jouer le rôle dont il sera parlé ultéricurement. À cet effet l'animal est fixé sur un support, qui lui laisse libres les quatre pattes, sans toutefois leur permettre de prendre un point d'appui. Des expériences comparatives faites sur l'animal libre, et immobilisé par ce procédé, nous ont permis de conclure que l’immobilisation ainsi pratiquée n'apporte aucune modification dans la respiration de l'animal.
Le procédé employé pour réaliser l'inscription du courant d'air est celui de la muselière. Cette muselière en caoutchouc peu déformable, adaptée hermétiquement sur la tête de l'animal, est mise en communication avec une chambre respiratoire, constituée en l'espèce par une bouteille de volume suffisant, contenant en son fond une certaine quantité de potasse qui est agitée fréquemment. Le diamètre du tube reliant la muselière à la chambre respiratoire est supérieur au diamètre maximum des voies respiraloires supérieures de l'animal en expérience, et l'appareil est construit de telle façon que Chaque mouvement respiratoire déplace un volume d'air beaucoup plus grand que celui contenu dans le tuyau réunissant la muselière à la chambre respiratoire ; on évite ainsi que l'animal ne fasse mouvoir continuellement la même
colonne d'air et moyennant ces précautions, à aucun
moment des très nombreuses expériences effectuées, l'animal n'a présenté de phénomènes asphyxiques. La chambre respiraloire est munie de trois tubulures : deux de ces tubulures sont mises respectivement en relation l'une avec la muselière, l'autre avec un polygraphe de Marey ; grâce à la troisième tubulure effilée à son extrémité, l'animal ne respire pas en vase clos, mais l'appareil reste suffisamment sensible pour que linscription graphique des modifications de pression dues à la mécanique respiratoire reste cependant possible, Le tambour de Marey inscrivant les mouvements respiratoires sur un cylindre tournant à vitesse très lente, est réglé en sensibilité, et demeure tel jusqu'à la fin des expériences entreprises sur un animal donné ; de cette façon les résultats obtenus aux différents stades des expériences, sont, dans une certaine limite, comparables entre eux et la lecture des tracés très simplifiée.
L'animal respirant dans une chambre respiratoire, privée, grâce à la potasse, de gaz carbonique en excès, les tracés obtenus nous donnent par simple lecture, la fréquence et l'amplitude des mouvements respiratoires. La circulation d'air dans l'appareil respiratoire, pendant un temps donné est fonction de l'amplitude et de la fréquence de ces mouvements ; c'est, en quelque sorte, le rendement de l'appareil respiratoire ; sa valeur sera représentée par la somme des amplitudes des mouvements respiratoires effectués dans ce temps. Ainsi done par simple lecture des tracés, nous évaluons la fréquence réelle, lamplitude et le courant d'air (valeurs relatives), et nous pouvons dès lors en étudier les modifications après suppression fonctionnelle d'un poumon.
Le type respiratoire de la tortue, animal à sang froid,