Op. cit., p
tement une dette indivisible, en est tenu pour le total, encore que l’obligation n'ait pas été contractée solidairement. »
M. Nœuvéglise' se prononce pour laffirmative.
« C’est, dit-il, la participation en commun au fait dommageable qui engendre la solidarité. Peut-on dire que les propriétaires des bois se sont concertés pour causer le dommage ? Non, sans doute, et pourtant nous n’hésitons pas à penser que chacun d’eux peut être tenu de la dette contractée par tous. Qu'importe, en effet, que les propriétaires de bois ne se soient pas entendus à cette occasion; il n’est pas question ici de leurs propres faits, mais des lapins qui peuplent leurs bois le jour, et qui, la nuit venue, se réunissent, se confondent, et vont ensemble dévaster la campagne. Chaque propriétaire de bois est responsable de tout le dommage vis-à-vis le créancier, parce que le dommage est le fait simultané de tous les lapins. L'obligation a été contractée conjointement, elle doit former une dette indivisible. »
Cette opinion est combattue par M. Sorel.
« Je ne partage pas, écrit-il”, cette manière de voir, et malgré ce qu’a de pittoresque l’argumentation tirée de ce que tous les lapins du voisinage se réunissent et se confondent, comme jadis les sorciers au sabbat, pour commettre leurs déprédations à la tombée du jour, je préfère de beau-
1. Moniteur des Tribunaux du 8 décembre 1859. Rapporté par Sorel. Op. cit., n° 48.