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cun intérêt à prendre des précautions, puisqu'en cas d'accidents leur situation serait identique, qu’ils aient été prudents, habiles, ou au contraire téméraires et maladroits. Idée que développe fort bien la Cour de Rennes (1) quand elle constate que dans nombre de cas l'accident «ne se serait pas produit si l'automobile avait été dirigée par un conducteur plus prudent et plus avisé, par un conducteur s'étant scrupuleusement conformé aux prescriptions des règlements en vigueur». Au fond cette argumentation revient exactement à celle que tiennent les tenants de la notion de faute comme élément essentiel de la responsabilité. I1 y a faute parce que le responsable « ne s’est pas conduit comme il aurait dû se conduire, qu'il na pas fait ce qu'il aurait dû faire (2) ». Maïs à ce point de vue il y a une réponse qui nous parait péremptoire. Avec la doctrine de la faute présumée, ou même avec la théorie « du risque créé », si on aboutit à reconnaître dans la plupart des cas la responsabilité de l’auteur du dommage, celui-ci conservera un intérêt tout aussi considérable à se montrer habile et prudent. IL évitera en effet les accidents dus à sa propre activité, à ses initiatives malencontreuses; subsisteront seuls ceux qui vraiment sont le fait de la chose (3). Or étant donné que dans les deux interprétations on aboutit au même résultat pratique : la réparation du dommage sous forme pécu- 1. C. de Rennes, précité. D. H., 1925, p. 508.