À. cit
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lue par lui, aux choses et à la matière en général. Cette assertion dans le domaine des faits concrets ne saurait être mise en doute et dans la majorité des cas où l’action de l’homme se rencontre, elle joue généralement un rôle prépondérant. Mais encore convient-il d'analyser d’une façon convenable ce rôle. Si dans certains actes, il s'avère comme ayant une importance incontestable, il est alors juste d'y voir un fait de l’homme. C’est incontestablement le fait du bâton manié par l’homme, de Ia canne avec laquelle on cause un accident; mais peut-on assimiler une canne à une automobile? Cela nous paraît fort contestable, M. Josserand y voit une boutade sans valeur juridique. Il n’y a pas que l’homme qui joue un rôle en matière d'automobile, la voiture possède un dynamisme propre, dont il convient de tenir le plus grand comple. « La machine, note avec juste raison M. Capitant, prend ici une telle importance quelle ne peut plus être considérée commé le simple prolongement du bras de l’homme (1). » | Il ne saurait être mis en doute que dans une automobile en marche deux forces se trouvent en action et collaborent : une force résultant de l’action de l’homme, une force issue de la machine elle-même, Quelle est celle qui joue le rôle principal? Au point de vue dynamisme c’est la machine qui l'emporte, la preuve en est évidente quand un dérangement se produit dans les organes de direction. Mais ne s'impose-
1. Capitant, La Responsabilité des accidents causés par les automobiles. Gazette Dalloz, 1923, p. 77.
t-elle pas encore en cas d’inattention, si brève soit-elle et même dans nombre de cas ne multiplie-t-elle pas dans une proportion bien autrement considérable impulsion donnée par l’homme. Les chauffeurs euxmêmes ne disent-ils pas fréquemment que leur machine a fait une embardée, montrant ainsi que leur rôle a été secondairé dans ces mouvements inattendus de la voiture, dus à la vitesse, à la force du moteur, dont le réndement est susceptible de variations considérables suivant le temps, la température, l'usage, l’âge, le carburant et les lubréfiants. Le moteur a une vie propre et les professionnels ne le considèrent pas autrement, puisque toutes leurs expressions à ce sujet expriment cette considération sous des formes diverses, miais très symptomatiques. Cr cette force, force mystérieuse, l’homme sans doute la dirige, mais l’asservit-il au point d'en être toujours maître? Les faits démontrent hélas le contraire. Comme l’a fort bien noté la Cour de Poitiers dans uh attendu, justement repris en partie par le tribunal de Lectoure, «il est en effet indéniable auenire la volonté, qui commande, et la chose inerte, qui obéit, subsiste toujours la matière, élément qu’on ne peut éliminer et dont le rôle, si assoupli soit-il, ne cesse de conditionner l'impulsion qui l’anime et que c’est précisément l’existencé irréductible de cet inconnu qui légitime... la présomption de Particle 1384 (1).»
Lors d’un, accident survenu au Grand prix de