LE MAGHZBN ORDONNE DES ECONOMIES
€ A Tanger on supprime le pain et Veau aux prisonniers. »
c Paris, 25 septembre.
«On lit dans Le Temps: le maghzen a donné Tordre aux autorités de toutes les villes de faire le plus d'économies possible dans les services publics. A Tanger, on a jugé qu'une de ces économies pourrait résulter de la suppression pure et simple du pain et de l'eau qu'on distribue aux prisonniers. » Rien de plus logique si Ton admet que le fait d'être criminel et nuisible à la société enlève à un homme tout droit à la compassion et à l'humanité. Mais alors du moins vaudrait-il mieux étrangler ces malheureux tout de suite ; c la suppression pure et simple » de la vie vaudrait mieux que celle « du pain et de l'eau » et d'ailleurs débarrasserait la société bien plus sûrement et bien plus vite, atteindrait donc bien mieux le seul but poursuivi par nos adversaires.
2. « La théorie du Congrès de Genève, m'écrit Henry Bordeaux, était la réaction toute naturelle contre cette manie d'irresponsabilité qui nous avait saisis et contre un humanitarisme et une sensiblerie qui ne s'exerçaient qu'au profit des criminels et jamais des victimes. »
tient aux magistrats; il faut en exclure et enchâsser les médecins qui avaient trop de tendance à l'envahir. Si les médecins font mine de vouloir quitter leur laboratoire, on les rappellera à l'ordre et à la raison; et, au besoin, s'ils insistent, on rouvrira pour eux les asiles devenus inutiles pour les aliénés criminels. Car il n'y a qu'un bon et sûr moyen de se garantir définitivement contre les préjudices que causent les irresponsables à la société : c'est de les guillotiner ou même, s'il y a flagrant délit, de les lyncher !
Ce n'est pas seulement d'un siècle qu'on veut faire reculer la société; ce n'est pas à 1810 qu'on veut faire rétrograder la loi. On veut nous ramener au milieu du xvm e siècle avant que Pinel ait brisé les chaînes des aliénés !
Comme les circonstances atténuantes en général sont elles-mêmes une conquête, trop audacieuse et trop avancée, du xix e siècle, beaucoup demandent qu'on les supprime comme les questions de responsabilité.
V Eclair de Montpellier a récemment publié la dépêche suivante, datée de Chicago (19 septembre 1907) : « La grâce de Soleilland a provoqué en Amérique des polémiques sur Futilité de la peine de mort. L'attorney général Bonaparte, qui, dans le cabinet du président Roosevelt, exerce des fonc-
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tions qui équivalent à celles de ministre de la Justice, s'en est occupé à son tour hier à l'assemblée nationale deç gardiens de prisons. La peine de mort doit être infligée à tous les criminels. La société moderne doit cesser de nourrir et d'abriter ses ennemis invétérés. Toute tentative de crime doit être aussi sévèrement punie que si le crime avait été accompli. Le criminel devra être par le fait même condamné à mort sans discuter les circonstances atténuantes. »
Il serait ridicule de rattacher au rapport de Gilbert Ballet cet affolement grégaire qui fait disparaître tous les principes d'humanité les plus élémentaires pour ne laisser place qu'aux pires inspirations de la peur et à la hantise de la seule redoutabilité ducriminel. Mais il n'est pas ridicule de rapprocher ces opinions populaires des idées votées à Genève parce que les unes et les autres procèdent d'un même état d'âme, contre lequel on eût aimé voir protester l'unanimité des médecins.
À l'étranger, au contraire, au même moment, on s'occupe de tous les côtés à mettre la législation en rapport avec la science contemporaine, au lieu de demander le retour aux articles surannés de l'ancien Code.
Voici notamment ce que disait M. van Raalte, ministre de la Justice de Hollande, à l'ouverture du Congrès d'Amsterdam * : * en ce qui concerne le traitement par le législateur national des criminels adultes, les débats de ce Congrès 2 seront d'une grande actualité. Je pense à la procédure à l'égard des personnes de responsabilité atténuée qu'un auteur français, dans un ouvrage récent, comprend sous le terme général de demifotis, demiresponsables, sujet qui récemment entre les jurisconsultes néerlandais a donné lieu à d'intéressantes discussions. Et ce n'est pas un secret que le ministre de la Justice s'occupe en ce moment des études préparatoires nécessaires pour que la législation, en se conformant aux idées modernes sur le traitement des aliénés dangereux, reconnaisse, dans l'intérêt de l'individu et dans l'intérêt
de la société, que pour les malheureux la solution du problème doit être cherchée dans l'assistance plutôt que dans la peine 3 . »
1. L'informateur des aliénistes et des nenrologistes,1901 ,p.254.
Y Voir, dans Jes travaux de ce Congrès, les rapports de Morel sur le traitement des aliénés délinquants et le service de médecine mentale dans les prisons et de van Hamel sur le traitement des aliénés ayant comparu en justice. L'Encéphale, 1907, pp. 347 et 350.
3 . Sur ce mouvement d'opinion et de travaux à l'étranger, voir aussi la communication de Zangger, de Zurich, au Congrès
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Nobles paroles qui dépeignent un état d'âme tout autre que celui décrit dans ce paragraphe !