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de plus en plus sentir. On construisit dans ce but ces longues voies romaines, dont on peut encore voir des vestiges en France en maint endroit, et qui reliaient Rome aux villes les plus lointaines. Ces routes, très rares comparativement à nos réseaux actuels de routes, se trouvaient par cela même très fréquentées; les voyages s’accomplissant à pied, à cheval, ou en voiture à une tres faible vitesse, les voyageurs de longues distances se trouvaient obligés de coucher en route de nombreuses nuits : ils pouvaient alors s’abriter dans les nombreuses hôtelleries disséminées çà et là le long des routes impériales. cé
Ces hôtelleries romaines étaient de deux sortes. Les unes, appelées mansiones, installées et entretenues par l'Etat, offraient un abri confortable; mais elles n'étaient pas ouvertes à tout venant : y avaient seules accès les personnes munies d’une permission de l’empereur, diploma tractatorium, que leur fortune, leurs fonctions officielles ou leurs hautes relations, leur faisaient obtenir. Les autres voyageurs trouvaient asile le long des routes dans des hôtelleries libres, plus simples, où l’on pouvait loger soit à pied, soit à cheval, et qui prenaient le nom de diversoria dans le premier cas, de stabularia dans le second.
Tout ce système d’hôtelleries, très perfectionné pour l’époque, fonctionna pendant plusieurs siècles ; il rendit facile les voyages, et grâce au perpétuel mouvement de voyageurs entre Rome et les cités les plus éloignées de l'Empire, le commerce de l'antiquité atteignit alors l'apogée de son développement et Rome put faire briller au loin les lumières étincelantes de sa civilisation.
C’est alors, sous les empereurs Dioclétien et Constantin, que Rome s’endormit dans une confiance exagérée en elle-même. Les siècles précédents avaient créé l'empire si vaste et si puissant que les Romains crurent cette puissance impérissable. L'armée, dont depuis des années le rôle de conquérante était terminé, n'apparaissait plus que comme un instrument de révolution et de compétition au trône : Dioclétien et Constantin s'effor-