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voyageurs pauvres ou riches qui y cherchaient abri.
Les ordres religieux ne se contentaient pas d’avoir un asile là où se trouvaient leurs établissements, dans les plaines, dans les vallées : ils fondaient également des hospices, couvents spécialement destinés à recueillir les voyageurs, dans les endroits les plus isolés et les plus dangereux en hiver, tels que les plus hauts cols des Alpes et les déserts glacés du Massif central.
« Le village d’Aubrac, le « Saint-Bernard du plateau « central », a possédé, durant de longs siècles, un hôpital célèbre, desservi par un ordre spécial de moines infirmiers et chevaliers. Cet hôpital avait été fondé vers l’an 1120, par Adalard, seigneur flamand qui, ayant échappé miraculeusement aux brigands auxquels les forêts d’Aubrac servaient de repaire, fit vœu d’y élever un monastère dans le but de « recevoir, ramasser et ré- « conforter les pèlerins qui passaient sur ces montagnes « pour aller visiter les églises de la bienheureuse Marie « de Roc-Amadour, de Saint-Jacques de Compostelle et « le Saint-Sépulcre de notre Sauveur », bref, pour défendre, soigner, restaurer et guider les pieux touristes de cette époque. Comme le dit Reclus, « la demeure « pauvre et hospitalière d'Aubrac, Notre-Dame-des-Pau- « vres, attira longtemps par milliers les malades, les « lépreux, les pèlerins, les va-nu-pieds ». — « Vers la fin « du seizième siècle, dit l’abbé Deltour, l’abbaye distri- « buait jusqu’à 5000 pains par jour et donnait l'hospitalité « à plus de 500 personnes. » Lorsqu® la nuit était plus sombre que d'habitude, lorsque les nuages trainaient sur le sol, obscurcissant la route, lorsque les rafales aveuglantes de neige rendaient le passage de la forêt tres difficile, un religieux montait au clocher et sonnait la cloche à toute volée, pendant tout le temps que durait le danger. » (Docteur L. Murat.)
Dans ies Alpes, les deux cols les plus anciennement fréquentés de la chaîne principale reçurent, dès le moyen âge, des hospices religieux.
L'hospice du Petit-Saint-Bernard, situé sur le chemin de France en Italie, à 2157 mètres d'altitude, fut fondé à