‹ La Responsabilite Étude de SociologieChapitre 15 sur 107 · Girard, p. 48 sqq · texte numérisé non relu

Girard, p. 48 sqq

cette sanction puisse être une vendetta, cela n’est pas douteux. Devenu propriétaire de l'animal responsable, l'offensé peut le tuer, si bon lui semble: on admet que, dans le très ancien droit romain, il pouvait tuer de même le fils de famille ou l’esclave, livré noxalement. Que cette vendetta soil eflectivement exercée, c’est ce qui s’observe, par exemple, dans les sociétés germaniques : M. Brunner voit même, dans ces exécutions privées d'animaux, l’une des origines des pénalités publiques dont nous allons parler tout à l’heure:.

Mais il ne faut pas oublier qu'au lieu de tuer le meurtrier, les vengeurs souvent l’adoptent; quand ils composent, au lieu de sang, ils acceptent de l’or. L'animal peut être en quelque sorte adopté, par exemple en place de celui qu'il a tué. Il peut réparer pécuniairement le dommage qu’il a causé, soit qu'il travaille, soit qu'on le vende. Ainsi, même quand l'abandon noxal n’a pas d'autre conséquence pour l'animal qu'un changement de propriétaire, il permet «encore l’accomplissement d'une sanction apparentée à la vendetta. L’abandon noxal de l'animal témoigne donc de sa responsabilité.

Il faut en dire autant de l'abandon noxal des choses inanimées?®. On l'observe, par exemple, dans certains droïls germaniques. Les historiens reconnaissent que cet abandon implique une responsabilité des choses, Sachhaftung. Seulement ils la présentent trop exclusivement comme dérivée, en quelque sorte, de celle du propriétaire. Primitivement, dit par exemple Brunner, on impute au propriétaire, comme ses propres méfaits involontaires (Ungefährwerke), les malheurs produits par ses choses, la mort de l’homme qui se noie dans son puits ou est frappé par la roue de son moulin. Exempté du fredus qu'on doit seulement pour méfait intentionnel, il

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