Sociologia criminale, p
minisme peut légitimement distinguer entre les réformes, qui agissent sur les facteurs lointains du crime, et la prévention proprement pénale, qui agit sur sa cause prochaine. La recherche étiologique: n’est pas condamnée à une régression indéfinie, elle peut s'arrêter à la criminalité latente constituée chez le prédisposé. Laissant à la politique: sociale le soin de prévenir la criminalité d’occasion et la formation du tempérament criminel, la politique dite criminelle‘ voit dans le tempérament une eause originale sur laquelle on peut directement agir. Les peines sont les mesures de prévention qu’elle emploie. La responsabilité est la criminalité virtuelle de l’agent prédisposé. La peine agit de deux façons différentes : elle élimine le criminel et le met hors d’état de nuire, soit définitivement s’il est inamendable, soit temporairement s’il peut être réadapté à la vie sociale par la cure physiologique et la rééducation morale; elle l’intimide en réveillant chez lui par la souffrance une crainte du châtiment capable d'exercer une inhibition: sur ses tendances. À qui doit s'appliquer la peine pour remplir cette double fonction? La question est résolue en même temps que posée. Par définition, la prévention pénale s'applique au crime considéré dans la cause dont il découle et résorbé, en quelque sorte, dans son auteur. La mesure adoptée variera d’ailleurs selon que le criminel sera plus ou moins redoutable, amendable et intimidable. On doit donc définir la responsabilité d’abord par la causalité et, subsidiairement, par ce que Garofalo appelle la éémibilité?; par l’anormalité qui rend inapte à la vie sociale; et par l’intimidabilité. Telle est la formule la plus savante de la théorie déterministe.
Remarquons d'abord que la peine remplirait parfaitement sa fonction éliminatrice, curative et intimidatrice, en: s’appliquant à des non-criminels. Est-il avéré que certains alcoo-