PRE EL RAF NE PT RTE
concessions, tacites ou expresses. Garofalo demande: la peine capitale pour le criminel-né, et seulement l’internement perpétuel dans un asile spécial pour le criminel aliéné. L'un et l'autre pourtant sont des anormaux dont la émibilité est maxima. Rien, du point de vue de l’utilitarisme et de l’anthropologie criminelle, ne légitime cette différence de traitement. Mais, dit Garofalo, « si la violation du sentiment de la pitié constitue le crime, on ne pourra pas la réprimer par une violation du même sentiment, ce qui arriverait si on tuait le criminel infirme, ce qui n'arrive pas lorsqu'on tue le criminel monstre-t ». Comme le remarque justement Landry ?, Garofalo s'appuie ici sur des considérations tout à fait étrangères à son système. L'idée maîtresse de ce qu’on a appelé la Terza Scuola est que « la pénalité étant faite pour les hommes, s’adapte et s’adaptera éternellement à ces sentiments | réels et humains, d’où il suit que la pénalité a sa limite naturelle dans le sentiment de la justice, tel qu’on le rencontre dans la conscience collective » *. Mais si ce principe est adopté, ilfautrevenir aux règles suivies par l'École classique. La Terza Scuola et les principaux représentants de l’Union Internationale de Droit pénal croient pouvoir concilier l'essentiel du formalisme classiqueavec une individualisation de la peine qui satisferait aux principaux desiderata de l'Ecole Italienne. Mais comment admettre que deux responsabilités radicalement hétérogènes, l’une proportionnelle à la gravité du crime accompli, l’autre à la fémibilité du criminel, se superposeront, même par à peu près? La coïncidence serait miraculeuse. En fait, elle ne se produit pas. Pratiquement, ona sans doute raison de tenir compte du crime accompli; mais, théoriquement, celte considération est étrangère à l’esprit du déterminisme utilitaire. La