De la Grasserie, p. 266. ï
3. Westermarck, I, p.259 (animaux), p. 263 (choses), p. 264 sqq., 269 sqq.
(enfants et fous), p. 235 (actes involontaires). Cf. Hamon, Déterminisme ef responsabilité, Paris, 1898, 5e lecon, S 4.
changé!. De même la grossièreté de l'analyse psychologique
confond d’abord l’état mental de l'enfant et celui de l’adulte, la négligence et le dol. Mais les sociétés, qui se trompent en
croyant remplies les conditions psychologiques de l’imputabilité, ne méconnaissent pas ces conditions ; si elles pouvaient reconnaître leur erreur intellectuelle, leur conscience morale conclurait immédiatement à l’irresponsabilité ?. — On explique de même la responsabilité des animaux. Suivant von Amira*, les procès ecclésiastiques, intentés aux animaux dans l’Europe chrétienne, seraient en réalité dirigés contre des revenanis ou des spectres. La superstition présente ces animaux comme des agents humains déguisés, et la procédure se justifie d’après les principes ordinaires. Plus généralement, l’'animisme est une des causes assignées à l'institution des procès contre les animaux et contre les choses‘. Animaux et choses sont jugés responsables, parce qu'ils sont, à tort, réputés agents volontaires. — C’est enfin par une erreur intellectuelle, procédant d’une exagération, qu’on explique souvent la responsabilité collective. Une famille est véritablement un être, doué d’individualité, de personnalité. Pendant longtemps les familles et non les individus ont été ies molécules de la société politique. Les personnes étant des familles, la responsabilité est personnelle quoique collective. C’est à elles, en tant qu’agents volontaires, que s'applique la sanction :.
Il est incontestable que l’aliénation mentale a été souvent méconnue : bien souvent on a dû punir des fous, non parce qu’on se refusait à tenir la folie pour une cause d'irresponsa-
1. C’est bien aïnsi que l'entend Maudsley, Le crime et la folie, Paris, 1891, chapitre IV, Cf. Hamon, Loc. cit.,p. 136 sqq.
2, Cest bien surtout l’histoire d'un progrès intellectuel que fait Lôfiler. Cf. notamment p. 68 sqq.