P. 335, d'après Blumentritt
3. Le P.Lafitau, Mœurs des Sauvages Amériquains, Paris, 1124, éd. en 4 vol. in-16.— Le jésuite Lafitau à vécu cinq ans chez les Iroquois, à la mission de Saint-François du Sault (Sault Saint-Louis, Caughnawaga, à 16 kil. 8.10. de Montréal : cf. Handbook of Ameriean Indians, s. v. Caughnawaga, Bulletin of American Ethnology, n° 30, I); il a profité des connaissances du P. Julien Garnier, qui à passé à la mission plus de C0 ans. Sur toute la
question qui nous occupe, ce texte est le plus riche et le plus précis que je connaisse,
hommes, qui y aient pris naissance. Car ces hommes... se mariant dans des Cabanes différentes, les enfanis qui naissent de ces divers Mariages, deviennent redevables à la Cabane de leurs Pères, à laquelle ils sont étrangers, et coniractent l'obligation de les remplacer; de sorte que la Matrone qui a la principale autorité dans cette Cabane, peut obliger ces enfans d'aller en guerre comme bon lui semble... Quand done cette Matrone juge qu’il est temps de relever l'arbre, ou de remettre sur la natte, quelqu'un de ceux de sa famille que la mort lui a enlevé, elle s'adresse à l’un de ceux, qui ont leur Athonni chez elle, et qu’elle croit le plus capable d'exécuter sa commission. Elle lui parle par un collier de porcelaine, et : lui explique ses intentions pour l’engager à former un paru; ce qui est bien-iôt fait ‘.. Les guerriers n’attendent pas toujours qu’on les sollicite, leur devoir les avertit suffisamment, et le désir d'acquérir de la gloire, les presse encore plus vivement que le devoir et l'usage *.. Les partis détachés, qui se forment ainsi en pleine paix, pour ne pas intéresser la. Nation par des hostilités, lesquelles pourraient avoir des suites fâcheuses, vont porter la Guerre chez les peuples les plus reculés. Ils seront deux ou trois ans en chemin, et feront deux ou trois mille lieues, à aller et venir pour casser une tête, et enlever une chevelure. Cette petite Guerre est un véritable assassinat, et un brigandage, qui n’a nulle apparence de justice, ni dans le motif qui l’a fait entreprendre, ni par rapport aux peuples à qui elle est faite : ils ne sont seulement pas connus de ces Nations éloignées, ou ne le sont que par les dommages qu’ils leur causent, lorsqu'ils vont les assommer, ou les faire esclaves presque jusques aux portes de leurs Palissades. Les Sauvages regardent cela néanmoins comme une belle action *... Ils font leurs coups d'ordinaire: