IT. — FACTEURS ET FORMES SECONDAIRES
De la responsabilité très étendue et indéterminée que nous avons jusqu’à présent décrite, qui peut atteindre les animaux et les cadavres comme les hommes, qu’engendrent des relations diverses et lointaines avec le crime, à la responsabilité bien plus étroite et définie que reconnaît notre conscience morale, à laquelle est seul propre l’homme adulte et normal, qu’engendre presque exclusivement l’action volontaire et qu'excluent ou limitent tant de facteurs, — il y a loin, semble-t-il. Nous nous proposons, dans cette dernière partie de notre travail, non d’expliquer l’évolution historique de la responsabilité, mais d'en indiquer la cause générale et d'en marquer les principaux traits.
La cause générale des phénomènes secondaires qui viennent compliquer et modifier le fait de responsabilité fondamental, ce sont des forces dont nous avons jusqu’à présent fait abstraction; elles surgissent au moment où, sur le patient choisi et désigné pour la peine, l'attention collective
se fixe. Nous allons d’abord montrer d’où naissent ces forces, quelle est leur nature, comment elles entrent en composition avec celles d’où procède la désignation du patient(chapitre VI).
L'intervention de ce nouveau facteur a deux effets princi- paux. Elle concourt à individualiser d’une part, à spiritualiser d’autre part la responsabilité. Ces deux effets sont, dans une large mesure, concamitants et solidaires. Il est cependant possible de les décrire l’un après l’autre, tout en marquant leurs rapports. Ce sera l’objet des deux derniers chapitres.