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geantes, riches, instruites, qui constituent l’armature et sont : les principaux bénéficiaires de la société où nous vivons.
- ‘On voit combien nous sommes loin d’un retour à des
E formes archaïques de responsabilité collective ou indirecte. Il y a plutôt ici transformation qualitative de l’idée de res-
ponsabilité individuelle. Se proclamer solidaires les uns des autres, ce n’est pas imputer indifféremment à quelques-uns ou à ious la faute propre de chacun. C’est plutôt élargir et rectifier l'idée trop simple qu'on se faisait de l'individu et par suite de sa-culpabilité. On s'aperçoit que toute une partie de nous-mêmes est hors de nous, que nous ne sommes pas des systèmes clos et discontinus, radicalemeni séparés les uns des autres, par suite que nous participons réellement à la conduite d'autrui. Le sentiment de la $olidarité peut être présenté comme le fait d’une conscience qui, mieux avertie, voit plus loin qu’elle ne voyait et ne méconnaït plus l’extension indéfinie de la responsabilité individuelle. Ce sont les rapports des individus entre eux et des individus avec la société qui sont autrement conçus : d'où une plus équitable répartition de la responsabilité qui incombe à chacun. C’est pour se mieux individualiser, pourrait-on dire, que la responsabilité redevient, d’une certaine façon.c ollective.
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On enseigne communément que la responsabilité est individuelle par nature, collective et communicable par accident. L'histoire de la responsabilité est interprétée comme un progrès : la véritable responsabilité, rigoureusement person-
nelle, se réaliserait au cours de l’évolution.
Nous sommes conduits à présenter les faits sous un jour
out différent. Le caractère expansif et contagieux de la res- ‘ponsabilité nous a paru son caractère essentiel. L’individuali-
sation de la responsabilité résulte au contraire d’une limitation, d'une exténuation de la responsabilité. Bien loin de l’épurer, de la perfectionner, les forces qui l’individualisent sont antagonistes à sa nature. La responsabilité strictement personnelle est comme la dernière valeur positive d’une responsabilité qui tend à devenir nulle. De ce point de vue, l'évolution de la responsabilité apparaît comme une régression. Ce qu’on prend pour la responsabilité parfaite, c’est la responsabilité exténuée et sur le point de disparaître.
Dans la crise qu'a traversée le droit pénal au xrx° siècle, dans le conflit des doctrines, c’est bien la question de Îa disparition de la responsabilité qui s’est ouverte. L'Ecole Italienne reproche au droit pénal classique de ne plus trouver nulle part de responsables, d'énerver la répression, à force de ménagements pour l'individu. Les classiques retournent le reproche à l'Ecole Italienne : vous remplacez, disent-ils, la peine par des mesures préventives, dont l’application à l’individu n’a rien à voir avec sa responsabilité; il n’y a plus pour vous de responsabilité; vous gardez le mot, mais non la chose. À quoi les partisans du droit pénal préventif répondent qu'ils ne suppriment pas, mais transforment et déplacent la respon— sabilité. La véritable prévention du crime s'exerce moins sur les criminels que sur la société elle-même, par les réformes qui modifient les causes sociales du crime. Réponse qui s'accorde avec des faits certains que nous venons de décrire. La responsabilité solidaire de la société dans le crime est sentie vivement par nos contemporains. Mais cette responsabilité est celle d’une collectivité et procède d’un phénomène de communication, de propagation. La responsabilité ne se rajeunit et ne se maintient qu’en se retrempant dans sa source.
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+ ae do