Cf. ci-dessus, p
le droit pénal tout au moins, une condition suffisante.
L'incrimination de la tentative suffit cependant à prouver
que l'analyse subjective n'est pas nécessairement génératrice d’irresponsabilité. Au cours de l’évolution, la responsabilité
aurait pu regagner d’un côté le terrain qu'elle perdait de
l’autre. En fait, ce résultat ne s’est pas produit. Dans l’ordre de la moralité, la responsabilité s’est étendue assez largement sous l'influence de l'analyse. Dans l’ordre juridique, il n’en a pas été ainsi. Au total, il n’est pas douteux qu'il y ait perte. Des deux conséquences contraires qu’elle peut produire, la spiritualisation entraîne nettement et abondamment l’une, et autre seulement dans une faible mesure.
. Ilest vrai que l'analyse psychologique détermine quelquefois une aggravation de la responsabilité, en révélant une
préméditation, des desseins, des mobiles particulièrement
immoraux; mais cet emploi de l'analyse psychologique est assez restreint en droit pénal.
De même que l’individualisation de la responsabilité, sa spiritualisation au cours de l’histoire apparaît done comme un immense appauvrissement, une perpétuelle abolition. La
responsabilité subjective, bien loin d’être, comme on l’admet . généralement, la responsabilité par excellence, est une forme
ne de la responsabilité.
L’explication du phénomène de, spiritualisation ainsi di se confond, pour une part, avec l'explication proposée au chapitre précédent du phénomène d’individualisation. C’est parce que la responsabilité se spiritualise qu’elle devient personnelle, et c'est aussi parce qu'elle s’individualise qu’elle devient subjective. Dans une large mesure, les deux phénomènes sont concomitants et interdépendants : on peut même dire qu’ils ne font qu’un.
La spiritualisation de la responsabilité coniribue à la rendre personnelle. Quand il devient nécessaire, nour cu un patient