‹ La Responsabilite Étude de SociologieChapitre 95 sur 107 · Cf, ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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sociétés. Nous avons contesté que la responsabilité objective fût simplement l'extension d’une responsabilité essentiellement subjective à des êtres indûment assimilés, par suite d’une erreur intellectuelle, à des consciences morales humaines ; mais nous ne nions pas que la responsabilité, objective par essence, soit toujours aussi à quelque degré | subjective.

à Non moins que l'expression « responsabilité chlore », - l'expression « responsabilité objective » est d’ailleurs déc » tueuse. Le mot « objectif » signifie pour nous deux choses. Dans un premier sens, la responsabilité est dite objective, | quand le jugement qui désigne le patient résulte de la représentation d'éléments purement matériels; et elle devient subjective, quand des représentations d'événements psychologiques interviennent. Maïs, en un autre sens, la responsabilité est dite objective, parce qu’elle a pour condition d'existence un événement, le crime, nécessairement distinct du patient. La proposition : « la responsabilité est par essence objective » s'oppose trait pour trait à la doctrine commune qui résorbe le crime dans le criminel. Pour nous, il n’y a de responsabitité que s’il y a transfert sur un patient de sentiment concernant le crime et le phénomène de transfert n’est concevable que si le crime et le patient sont distincts. De ce point de vue, il importe peu que le crime soit un événement exelusive- \ ment matériel, ou exclusivement spirituel, ou matériel et … spirituel à la fois, que le patient soit un corps, ou bien une âme jointe à un corps. Si donc c’est un caractère fondamental de la responsabilité d’être « objective », entendons par à que tout processus de responsabilité a pour condition la dualité du crime et du patient, l'existence de deux termes distincts et le transfert qui se produit de l’un à l’autre. Pas plus que le mot « collectif », le mot « objectif » ne convient d’ailleurs bien pour noter ce caractère fondamental; et nous n'avons pas ici équivalent du mot « contagieux ». Peut-être

pourrait-on dire que la responsabilité est extérieure ou extrinsèque, que la source de la responsabilité est, en un sens, nécessairement extérieure au responsable.

Si toute responsabilité est objective, il n’en est pas moins

vrai que les faits auxquels répond ordinairement la notion de

responsabilité objective montrent, plus fortement accentués.

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que les autres, ce caractère d’extériorité. Quand une pierre

est rendue responsable, quand ce que nous avons appelé l'acteur passif dans la scène du crime est rendu responsable, le lien entre crime et patient est tellement extrinsèque, tellement accidentel, que nous voyons clairement l’extériorité

des deux termes et le phénomène du rejaillissement des propriétés du crime sur le patient. Les faits typiques de

responsabilité subjective, au contraire, sont ceux qui ont.

suscité l'interprétation qui résorbe le crime dans le criminel

et nie l’extériorité et le rejaillissement. De ce point de vue, la

responsabilité subjective est moins objective (dans le sens large où le mot désigne le caractère fondamental d’extériorité) que la responsabilité objective séricto sensu. La responsabilité subjective est, ainsi, la responsabilité dans laquelle le caractère objectif est au minimum, où la dualité est aussi peu marquée qu'elle peut l'être à moins de disparaître, comme la responsabilité individuelle est la responsabilité collective tendant à devenir nulle. Pas plus qu'individuelle,

la responsabilité ne saurait devenir absolument subjective

sans s'évanouir.

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