Moore, Arb., p. 3.471; Ralston, Inf. arb. law, p
Les dommages indirects, il est vrai, consistent souvent en fait en des gains éventuels de caractère aléatoire; mais les deux notions ne se confondent pas, non plus que celle de damnum emergens ne se confond avec celle de dommage direct. Il y a des cas où un damnum emergens constitue un dommage indirect; c’est précisément ce qui eut lieu dans l'affaire de l’Alabama-où les « pertes indirectes » écartées par les arbitres, prolongation de la guerre, vente à vil prix de la marine marchande aux armateurs anglais, etc constituent des exemples classiques de damnum emergens.
Parmi les caractères positifs des dommages indirects, M. Hauriou en note d’abord trois : ils se présentent presque toujours comme accessoires à un dommage principal, ils ont le plus souvent le caractère d’une répercussion, ils ne se produisent pas en général immédiatement.
M. Hauriou insiste avec raison sur ce fait que les dommages indirects apparaissent la plupart du temps comme la conséquence d’un autre dommage plutôt que comme la conséquence du préjudice initial. Leur caractère de répercussion est encore plus net lorsqu'ils sont ressentis par une autre personne que celle qui a subi 1e dommage principal. Aussi, dans l’affaire de l’ Alabama, les dommages directs ont été principalement supportés par les armateurs dont les navires ont été victimes des croiseurs sutistes et, dans une certaine mesure, par le gouvernement des Etats-Unis, les dommages indirects, par contre, ont été subis par les compagnies d'assurance qui ont été obligées de paver beaucoup plus de sinistres qu'il n'était entré dans leurs prévisions, par les commer-
çants qui ont été privés de matières premières, et enfin